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Al-Fateh rejoint la marine égyptienne

Ahmad Eleiba, Mardi, 26 septembre 2017

La marine égyptienne a pris possession de la corvette Gowind, développée par l’industriel français Naval Group. Trois autres unités seront fabriquées dans les chantiers navals d’Alexandrie.

Al-Fateh rejoint la marine égyptienne

Lorient, Correspondance —

La première corvette Gowind a rejoint la flotte de la marine égyptienne. Un équipage égyptien a quitté samedi Lorient à bord de la corvette Gowind, rebaptisée Al-Fateh, en présence de l’amiral Ahmad Khaled, commandant en chef de la marine. La cérémonie du lever du drapeau égyptien sur l’ap­pareil avait eu lieu sur le chantier du Naval Group.

Ce type de corvettes affiche une vitesse maximale de 25 noeuds, l’autonomie étant de 3 700 miles à 15 noeuds. La corvette Gowind mesure 102 mètres de long pour une largeur de 16 mètres et un déplace­ment de 2 600 tonnes en charge. Elle peut assurer toutes sortes de missions de combat maritime, notamment la détection et la des­truction de sous-marins, l’usage de missiles et de canons, la sécurisa­tion des voies maritimes et des bateaux en mer et dans les ports, ainsi que la protection des forces terrestres le long du littoral dans leurs opérations offensives et défen­sives … de quoi assurer la sécurité des côtes, des eaux territoriales, et protéger les intérêts économiques et la sécurité nationale de l’Egypte.

L’équipe de marins et de techni­ciens égyptiens a reçu une forma­tion pointue en un temps record suivant un programme de formation en deux phases, en Egypte et en France. Le côté français a notam­ment formé les Egyptiens aux der­nières technologies des corvettes.

Dans ses déclarations aux journa­listes égyptiens dépêchés pour cou­vrir l’événement, l’amiral Khaled a affirmé que la modernisation de la marine égyptienne se faisait selon un plan bien étudié, élaboré par le leadership politique et le comman­dement général des forces armées. « Ainsi, alors que nous recevons Al-Fateh, nous construisons égale­ment trois autres corvettes en coo­pération avec le Naval Group, et ce, dans le cadre du transfert de la technologie de construction navale. C’est une industrie très complexe au niveau de la technologie et de l’ingénierie. Il est important de dire que ce qui est produit ici en France et ce qui est produit par les Egyptiens dans les chantiers d’Alexandrie obéissent aux mêmes standards. Et nous aurons des ren­contres avec les Français en vue de la production à Alexandrie des pro­chaines Gowind », a-t-il affirmé.

Faire face aux menaces

Al-Fateh rejoint la marine égyptienne

Il a également parlé du dévelop­pement de la marine égyptienne face aux menaces auxquelles la région est confrontée. « La réponse à ces menaces implique une série de mesures qui n’impliquent pas uni­quement l’acquisition des armes, mais aussi la maîtrise de leur utili­sation. Mais l’élément humain reste le plus important dans ce contexte. C’est aussi ce que nous voyons aujourd’hui : les officiers et les sous-officiers de l’équipe à bord de la corvette sont jeunes. Ils sont arri­vés en France et en un temps record ils ont pu acquérir la technologie de cette corvette. La France, de son côté, a intérêt à montrer ce bâti­ment sous le meilleur jour et à le confier à un équipage qui peut en maîtriser l’utilisation. C’est pour dire que le programme de moderni­sation s’intéresse au développement de l’élément humain », a ajouté l’amiral.

« Tout cela répond aux besoins de l’Egypte pour faire face à toutes sortes de menaces. Les intérêts éco­nomiques de l’Egypte en Méditerranée ont pris une impor­tance particulière avec la décou­verte du gisement gazier Zohr à quelque 200 km du littoral. La marine doit être en mesure de proté­ger ces ressources naturelles. Aussi cet état d’instabilité qui règne dans certains pays voisins peut-il favori­ser des activités illégales comme l’émigration clandestine, le trafic d’armes et de drogues et le terro­risme. Les forces armées sont ainsi appelées à développer leurs capaci­tés pour contrer ces dangers le long des côtes de la Méditerranée et de la mer Rouge, ce qui demande des efforts, des capacités, des équipe­ments extraordinaires, mais surtout des ressources humaines », a pour­suivi le responsable militaire.

Relations distinguées

Répondant à une question de l’Hebdo sur l’importance de la coo­pération avec la France dans le domaine militaire, l’amiral Khaled a affirmé que les relations liant l’Egypte à la France étaient aussi distinguées au niveau politique que militaire. « Il existe des relations distinguées entre les dirigeants des deux pays, et entre le commande­ment des forces armées des deux pays », insiste-t-il.

De son côté, le président de Naval Group a affirmé lors de la cérémonie être ravi de célébrer la livraison de la corvette Al-Fateh, tête de série d’un programme qui comptera quatre unités, après la frégate FREMM (Tahya Masr) en 2015, et les deux Mistral (Abdel-Nasser et Sadate) en 2016. Il a noté la solidité des relations entre l’Egypte et la France et entre les forces navales égyptiennes et fran­çaises dans le cadre de cette coopé­ration. « La production de la cor­vette a été terminée dans les délais précisés par le président Abdel-Fattah Al-Sissi, qui voulait accélé­rer le développement des capacités navales égyptiennes. C’était notre devoir à l’égard d’un allié », affirme-t-il. Il a également noté les compétences de l’équipage égyp­tien à bord du bâtiment, et salué « la confiance que l’Egypte a placée au Naval Group ».

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