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Recensement, le compteur est lancé

May Atta, Mardi, 11 avril 2017

L'Organisme central de la mobilisation et des statistiques (CAPMAS) lance la deuxième phase du recensement national de 2017. Elle permettra de recueillir des données nécessaires à la planification économique.

Recensement, le compteur est lancé
Le recensement de 2017 coûtera au total 900 millions de L.E.

L’organisme central de la mobilisa­tion et des statistiques (CAPMAS) a tenu, samedi 8 avril, une conférence de presse durant laquelle il a annoncé le début de la deuxième phase du recensement de l’habitat, de la population et des infrastruc­tures pour l’année 2017. Cette deuxième phase se déroulera du 10 avril au 18 mai prochain. La première phase, qui a débuté en janvier 2017, s’est achevée au mois de mars, et a permis de recenser le nombre de bâtiments et leurs genres (appartements, centres médicaux, cliniques, bureaux, etc). La troisième phase commencera au mois de juin prochain et recensera les éta­blissements industriels et commerciaux ainsi que leurs activités. Les résultats du recense­ment devraient être connus au mois d’août prochain. Un budget de 900 millions de L.E. y a été consacré.

Un processus exigeant

La deuxième phase, lancée le 8 avril, com­prend trois objectifs : recenser le nombre d’ha­bitants dans les différentes zones géogra­phiques (agglomérations, quartiers, départe­ments, régions, pays), recueillir des données sur les habitants (nombre d’enfants, niveau d’études, professions, types d’activités, etc.) et sur les logements (type de logement, nombre de pièces, niveau de confort, etc.). Selon le président de l’organisme, Abou-Bakr Al-Gueindi, la deuxième phase est la plus « importante et la plus difficile » des étapes du recensement effectué tous les 10 ans. « Au cours de cette phase, nous travaillons notam­ment sur le développement démographique et les conditions de vie de la population sur un échantillon de 23 millions de familles », explique-t-il. La difficulté de cette phase relève, selon lui, de la quantité de l’informa­tion qu’il faut collecter auprès de millions d’individus de différents milieux sociaux et culturels. « Il s’agit d’un travail ardu qui nécessite beaucoup d’efforts et de patience de la part des recenseurs, dont le nombre dépasse les 40 000 », explique Al-Gueindi. Il ajoute que ces recenseurs ont suivi une formation leur permettant d’accomplir cette tâche de manière efficace. Au cours de cette deuxième phase, les recenseurs travailleront à l’aide de deux for­mulaires.

Le premier concerne 90 % de l’échantillon, et le deuxième, plus long, concerne seulement 10 %. Le premier formulaire a pour but de connaître le nombre de personnes par famille, l’âge de chacun d’eux, leur sexe, leur religion, leur nationalité, leur statut social, leur niveau d’étude et les raisons pour lesquelles un indi­vidu est analphabète et les difficultés qui ont amené certaines personnes à arrêter leurs études. Ce formulaire donne aussi des informa­tions sur le niveau de confort du logement, le nombre de pièces, l’état de l’appartement ou de la maison, s’il y a l’eau courante, l’électri­cité, le gaz, le propriétaire du lieu et la pré­sence ou non d’appareils ménagers.

Le deuxième formulaire est comme le pre­mier, mais il porte sur la technologie informa­tique et la carrière : quel type de métier, dans quel domaine, secteur privé ou public, avec assurance médicale ou pas, etc. Le formulaire renferme également une question touchant aux moyens de collecte des ordures et une colonne réservée aux personnes handicapées et celles défavorisées.

Magdi Sobhi, économiste et directeur adjoint du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, explique : « Les informa­tions collectées durant le recensement sont d’un grand intérêt pour les organismes de l’Etat qui participent à la planification écono­mique et sociale du pays. Les informations recueillies, surtout celles de la deuxième phase, intéressent les collectivités territoriales et les services de l’Etat. Cette phase aide énor­mément le gouvernement à déterminer les secteurs à développer prioritairement. Le recensement détermine le nombre de per­sonnes analphabètes et les raisons pour les­quelles ces personnes n’ont pas pu être scola­risées. Grâce aux chiffres du recensement, le gouvernement peut déterminer le budget nécessaire à l’enseignement, à l’assurance médicale ou encore au transport, afin de répondre aux besoins des citoyens. Le recense­ment détermine les besoins d’un pays, et c’est pour cette raison que tous les Etats du monde sacrifient une fois tous les 10 ans une partie de leur budget, afin de réaliser ce recensement », conclut-il.

Tous les 10 ans

Depuis 140 ans, les différents gouverne­ments égyptiens ont eu recours au recense­ment. Le tout premier a eu lieu en 1882, et le dernier date de 2006. La ministre de la Planification, Hala Al-Saïd, a déclaré que « le recensement de 2017 coûtera au total 900 mil­lions de L.E. 80 % de cette somme représente les salaires et les primes des employés, et le reste représente les coûts des outils et des cam­pagnes de mobilisation des citoyens. Nous avons utilisé, pour la première fois, des tablettes numériques qui aident beaucoup les employés à collecter les informations. Les tablettes refusent de continuer si une réponse n’est pas logique. Par exemple, si le citoyen a 16 ans et qu’il déclare qu’il est marié, la tablette s’arrête et ne passe pas à la question suivante, car 16 ans n’est pas l’âge légal du mariage. L’employé essaie alors de com­prendre quelle est la situation réelle de cette personne ».

Durant la conférence, Abou-Bakr Al-Gueindi a déclaré que pour la première fois, le recense­ment identifiera la nature des bâtiments (éta­blissements scolaires, commerces, villas, usines, etc.). « Une fois ce recensement termi­né, chaque immeuble aura un numéro d’identi­fication et le tout sera informatisé. Il sera alors très facile de se renseigner sur n’importe quel bâtiment en cas de besoin. Et en cas de démo­lition, ce numéro ne sera pas attribué à aucun autre bâtiment ». Ce système d’identification permettra également à n’importe quel citoyen qui a besoin d’une ambulance, d’une répara­tion électrique, ou de tout autre service, d’in­former son interlocuteur de sa position géogra­phique en donnant le numéro d’identification du bâtiment dans lequel il se trouve. Une avan­cée non négligeable.

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