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Fi Hob Misr domine à nouveau

May Atta, Mardi, 01 décembre 2015

Le premier tour de la deuxième phase des législatives, qui s'est déroulé les 22 et 23 novembre dans 13 gouvernorats, confirme la domination de la coalition Fi Hob Misr (Pour l’amour de l’Egypte).

Fi hob Misr
Fi Hob Misr rafle la totalité des sièges pourvus au scrutin de liste.

28,2 millions d’électeurs ont été appelés à voter au cours de cette deuxième étape des législatives dont le premier tour s’est déroulé les 22 et 23 novembre. Le taux de participation s’est élevé à 30 % environ, contre 26 % lors de la première étape. « Ce taux de participation plus élevé revient en premier lieu à la répartition géographique des 13 gouvernorats très peuplés de la seconde phase qui couvrent 20 % de la superficie du pays pour un nombre d’inscrits de plus de 28 millions d’électeurs. Lors de la première étape, il y avait 14 gouvernorats, qui représentaient environ 80 % de la superficie du pays pour un nombre d’inscrits de 27 millions. Cela explique la présence plus massive des électeurs », explique Amr Hachem Rabie, vice-président du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. 2 884 candidats en tout étaient en lice pour cette deuxième phase des législatives dont 1 975 sans étiquette politique et 909 appartenant à des partis politiques. Les élections se sont déroulées dans le calme, et les rares infractions constatées (retard dans l’ouverture de certains bureaux de vote, absence de certains électeurs des listes électorales, recours à l’argent politique et aux publicités devant les urnes) n’ont pas été de nature à entacher les résultats du scrutin. Les résultats de ce premier tour de la seconde phase confirment la domination de la coalition Fi Hob Misr, qui a raflé la totalité des sièges pourvus au scrutin de liste, soit 120 sièges dont 60 obtenus à la première phase. 80 % des 586 sièges du futur parlement (448) sont pourvus au scrutin individuel et 20 % au scrutin à liste (120 sièges). Le parti des Egyptiens libres fondé par l’homme d’affaires Naguib Sawirès, arrive en première position avec 41 sièges obtenus au cours de la première étape, et le premier tour de la seconde étape des élections, suivi par le parti Mostaqbal Watan (Avenir d’une patrie) avec 25 sièges, et le Néo-Wafd avec 15 sièges. Ces 3 partis sont membres de la coalition Fi Hob Misr. Sur les 326 candidats issus de ces partis, 145 sont en ballottage pour le second tour qui se déroule les 1 et 2 décembre. Le parti Al-Chaab Al-Gomhouri totalise jusqu’à présent 11 sièges, et le parti salafiste Al-Nour ne totalise que 8 sièges tous obtenus à la première phase. Hossam Al-Khouli, membre du comité suprême du parti du Néo-Wafd commente : « Nous sommes satisfaits de notre performance. Bien que le mode de scrutin favorise les candidats non affiliés aux partis politiques, les partis ont fait une très bonne performance et constitueront une force importante au sein du nouveau parlement ».

Aux dépens des partis traditionnels

Les élections ont confirmé l’avènement des nouveaux partis fondés après la révolution du 25 janvier comme le parti des Egyptiens libres et ce, aux dépends des partis traditionnels de l’ère Moubarak, hormis le Néo-Wafd, comme le Parti nassérien et le parti du rassemblement. Pourtant, Magdi Charabiya, secrétaire général du parti du Rassemblement pense que le prochain parlement sera une réplique de celui de l’ère Moubarak. « Beaucoup de ces nouveaux partis fondés après la révolution de Janvier 2011 ont rallié les feloul de l’ère Moubarak qui possèdent l’argent et des relations étendues, notamment dans les campagnes et au sein des grandes familles riches du sud de l’Egypte et dans le Delta. Au vu de cette situation, il n’est pas étonnant qu’ils remportent les élections », affirme Charabiya. Et d’ajouter qu’entre 80 et 100 députés élus jusqu’à présent étaient des anciens membres du PND dissous, le parti de Moubarak.

Yousri Al-Azabawi, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, souligne un autre phénomène, à savoir l’entrée au parlement d’un grand nombre d’officiers de police et de l’armée. « Un grand nombre d’officiers de police et de l’armée se sont présentés à ces élections voulant sans doute mettre à profit la popularité des forces armées et du président Sissi après le 30 juin ». La première étape des élections s’était déroulée les 18 et 19 octobre dans 14 gouvernorats. La composition finale du prochain parlement devrait être connue cette semaine.

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