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Le Caire et Riyad confirment leur partenariat

Chaïmaa Abdel-Hamid, Jeudi, 19 novembre 2015

Au détour d’un important sommet à Riyad, le président Abdel-Fattah Al-Sissi renforce les relations avec l'Arabie saoudite. Malgré des divergences de vues sur certains dossiers régionaux, les rapports des deux pays semblent pourtant au beau fixe.

Le Caire et Riyad
Le président Sissi reçu par le roi Salman.

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi s’est rendu cette semaine à Riyad où il a participé au sommet des pays arabes et sud-américains.

En marge de cette visite, le président s’est entretenu avec le souverain saoudien, le roi Salman Bin Abdel-Aziz, sur les crises régio­nales, la lutte contre le terrorisme et le ren­forcement des relations politiques et écono­miques bilatérales. A cette occasion, les deux pays ont aussi signé un document devant mettre en oeuvre les clauses de la « Déclaration du Caire » ratifiée le 30 juin dernier. Celle-ci porte sur un renforcement de la coopération politique, militaire et écono­mique entre les deux pays. Le ministre saou­dien des Affaires étrangères, Adel Al-Jobeir, a déclaré l’entrée en vigueur de ce traité.

Sur un tout autre volet, le roi Salman d’Arabie saoudite s’est dit confiant sur l’effi­cacité des mesures de sécurité dans les aéro­ports égyptiens. Le roi a demandé à ce que la compagnie aérienne saoudienne maintienne ses vols pour Charm Al-Cheikh.

Divergences dissipées

Selon les observateurs, cette visite devrait mettre terme aux spéculations qui prédisaient une dégradation des relations bilatérales en raison des divergences de points de vue qu’entretiennent les deux pays sur de nom­breux dossiers, notamment la situation en Syrie. Alors que l’Egypte considère Bachar Al-Assad comme une partie de la solution, l’Arabie saoudite voudrait le voir partir. L’entente affichée par les deux dirigeants lors de ce sommet met plus l’accent sur l’impor­tance stratégique des relations égypto-saou­diennes.

Yousri Al-Azabawi, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, explique que la participation du président Abdel-Fattah Al-Sissi à ce sommet réaffirme la volonté des deux pays de mainte­nir des relations stables. Selon lui, les diffé­rences de priorités n’empêchent pas l’Egypte et l’Arabie saoudite de partager un même point de vue global sur les dangers qui mena­cent la région. Il s’agit principalement de la menace terroriste, particulièrement venant de l’Etat Islamique (EI), et de l’expansion de l’influence régionale de l’Iran avec les effets déstabilisateurs que cela suppose.

Il ajoute que les déclarations des deux diri­geants soulignent surtout que leurs diver­gences ne sont pas assez importantes pour remettre en cause leurs relations bilatérales.

Al-Azabawi explique que l’Egypte a tout intérêt à maintenir et renforcer ses relations avec l’Arabie saoudite, pour pouvoir relancer son économie en crise depuis la révolution de 2011.

« Côté saoudien, on s’inquiète de la signa­ture de l’accord nucléaire iranien en juillet dernier. Le retour en force de l’Iran préoc­cupe particulièrement l’Arabie saoudite en dépit des assurances formulées par les Etats-Unis. Riyad craint toujours que cet accord ne permette à l’Iran, pays chiite, d’améliorer sa situation économique et de renforcer son influence régionale. L’Arabie saoudite cherche donc un allié régional fort comme l’Egypte », explique le chercheur.

« Toujours impliqué dans la guerre au Yémen, le Royaume saoudien a besoin du soutien politique de l’Egypte », poursuit Al-Azabawi.

Depuis avril dernier, l’Egypte participe, en effet, à la coalition conduite par l’Arabie saoudite contre les Houthis au Yémen. Une intervention qui s’est limitée à sécuriser la navigation en mer Rouge en protégeant le détroit de Bab Al-Mandab.

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