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Coupures de presse

Najet Belhatem, Mercredi, 04 novembre 2015

Le tour de la semaine zoome sur un journaliste qui risque la prison pour un texte hot. Sur les médias qui ont eu droit aux remontrances du président et enfin sur Facebook qui serait un tombeur de têtes.

Extrait « trop sexuel »

« Le Parquet du centre du Caire a décidé de déférer le journaliste à Akhbar Al-Adab, Ahmad Nagui Hégazi, et Tareq Al-Taher, rédacteur en chef, au tribunal pénal. Ils sont accusés d’avoir écrit et publié un article sexuel qui porte atteinte aux moeurs ». La nouvelle rapportée par le site d’information Aswat Masriya notamment vient terrifier encore une fois les milieux intellectuels et culturels. Le journaliste Nagui Hégazi avait publié dans l’hebdomadaire Akhbar Al-Adab, qui est un journal consacré à la littérature, un extrait de son roman avant sa parution chez Dar Al-Tanwir. « Le Parquet a déclaré, dans l’ordon­nance de transfert devant la justice, que l’accu­sation est établie et qu’elle est suffisante pour les déférer devant la justice sur la base des articles 178 et 200 du code pénal ».

Le journaliste en question a publié, selon l’ac­cusation, un article sur le site +18 qui publie surtout des articles d’opinion que « l’extrait du roman qui a pour titre Istikhdam Al-Hayat (ndlr : l’utilisation de la vie) a été publié en août der­nier, et la plainte a été déposée par un certain Saleh Tewfiq, qui a prétendu qu’en le lisant il a été victime de palpitations cardiaques et d’une grosse fatigue ajoutée à une baisse de tension. Il m’accuse d’avoir porté atteinte à ses valeurs morales et à celles de la société ». L’extrait en question a été republié par le site avec la mention.

Manifestation à Tahrir

Selon le site d’information Al-Bédaya, « des dizaines de diplômés de magistère et de doctorants ont manifesté sur la place Tahrir pour protester contre les déci­sions du gouvernement qui leur refuse l’embauche. Les forces de l’ordre ont encer­clé les manifestants. C’est la première manifestation à Tahrir depuis des mois lorsque des sympathisants des Frères musulmans s’y sont rassemblés ».

Le président en colère contre les médias

« Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a blâmé, lors d’un discours à l’occasion d’une conférence culturelle organisée par les forces armées, un journaliste tra­vaillant dans les médias sans le nommer. Ce dernier l’avait critiqué suite aux pluies diluviennes sur Alexandrie. Le président a déclaré : ce journaliste a dit de moi : Le président est assis avec les responsables de Siemens laissant Alexandrie à son sort. Ce n’est pas des choses à dire. Il y a trop de dépassements. Le président a ajouté lors de son discours : Vous me torturez ou quoi ! Si cette manière de faire continue, l’Etat va s’effondrer. De la sorte, nous propageons l’ignorance et pas la sensibilisation. C’est comme si les problèmes se résolvaient juste en appuyant sur un bouton ! », rapporte le quotidien Al-Masri Al-Youm. Ce dernier ajoute : « En cherchant, Al-Masri Al-Youm a découvert que le concerné par le blâme du prési­dent est l’avocat Khaled Abou-Bakr qui a dit : Tant que le président s’assoit avec la société Siemens 14 fois durant le mois, nous ne formerons pas de cadres. Où est donc le ministre de l’Electricité ? Pourquoi c’est au président de se réunir 13 fois avec un président exécutif d’une société ? ». Al-Youm Al-Sabie a, quant à lui, rap­porté les propos du président du syndicat des Journalistes, Yéhia Qallache. « Si le président est en colère contre ce qui est appelé la débâcle médiatique, nous le sommes plus que lui » a-t-il dit, selon le journal. Il a ajouté : « D’aucuns ont intérêt à propager le chaos au sein des médias ou à le laisser dans cet état pour mettre un terme à sa crédibilité ».

Facebook : Arme en Egypte ?

Il faut dire que la semaine a été secouée par l’af­faire de la présentatrice de télé, Riham Saïd, qui, en soulevant l’affaire d’une jeune femme agressée par un jeune homme dans un centre commercial, a diffusé des photos personnelles de la victime pour la discréditer en la faisant passer pour une « fille aux moeurs légères » et donner raison à l’agresseur. Sur-le-champ, une campagne exceptionnelle a été lancée sur les réseaux sociaux et notamment Twitter avec pour hashtag #meursRiham. La presse s’est penchée sur cette pression du web qui a poussé les annonceurs à retirer leurs publicités, et ensuite, la direction de la chaîne Al-Nahar à sus­pendre l’émission. « Il n’est plus possible, en Egypte au moins, d’ignorer l’impact des réseaux sociaux, notamment Facebook, quand il s’agit de faire pression sur le gouvernement ou le secteur privé en obligeant des annonceurs à retirer leurs publicités du programme Sabaya Al-Kheir de Riham Saïd », écrit un éditorialiste égyptien dans le site d’information libanais Al-Modon. Il ajoute que la pression des médias sociaux a mené à l’évic­tion de deux hauts responsables durant ces derniers mois. « L’ex-ministre de la Justice, Mahfouz Saber, après des déclarations où il a affirmé que le fils d’un éboueur ne pouvait pas accéder à la magis­trature. Et le gouverneur d’Alexandrie Hani Al-Messeiri après la catastrophe à Alexandrie suite aux pluies ».

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