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Abou-Treika dans la tourmente

Ola Hamdi, Mardi, 12 mai 2015

Les biens de la société Ashab Tours, dont est actionnaire l’ancienne star de football, Mohamad Abou-Treika, ont été saisis cette semaine par l’Etat. La société est soupçonnée de financer des activités terroristes.

Mohamad Abou-Treika
Mohamad Abou-Treika.

Mohamad Abou-Treika, l’ancienne star de football, a défrayé cette semaine la chronique. La commission chargée de saisir et de gérer les fonds appartenant aux Frères musulmans a ordonné la confiscation les biens d’une société de tourisme dont est actionnaire l’ancienne star de l’équipe nationale de foot. L’entreprise, créée au moment où Mohamad Morsi était au pouvoir, est soupçonnée de financer les activités des Frères musulmans. « La commission a saisi les biens de huit entreprises opé­rant dans le domaine du tourisme, dont celle d’Abou-Treika. Nos enquêtes ont montré qu’il y a un lien entre ses entre­prises et les Frères musulmans », a déclaré le président de la commission, Ezzat Khamis. Il a expliqué que la com­mission n’a pas saisi tout l’argent d’Abou-Treika comme cela a été dit sur les réseaux sociaux, mais seulement les actions détenues par la société de tou­risme. La commission a envoyé une copie de sa décision à la Banque Centrale, et une autre au marché bour­sier. Face à cette décision, l’ancien joueur a fait savoir qu’il comptait rester sur le sol égyptien et a dit depuis son compte Twitter : « Prenez l’argent, ou prenez celui qui a l’argent, je ne quitte­rai pas le pays, et je continuerai à tra­vailler pour sa sécurité ».

La commission de gestion des fonds appartenant aux Frères musulmans avait annoncé, le 7 mai, la saisie des biens de la société. « Les premiers éléments de l’enquête ont démontré que la société du footballeur a bien fiancé les Frères musulmans », a indiqué un communiqué de presse de la commission. En fait, Mohamad Abou-Treika n’a jamais caché son soutien à Mohamad Morsi lorsque celui-ci faisait sa campagne en 2012. Or, après la révolution du 30 juin, et la vio­lence qui l’a suivie, la confrérie a été déclarée organisation terroriste. La déci­sion de saisir la société dont Abou-Treika est actionnaire a soulevé un mou­vement de solidarité avec lui sur les réseaux sociaux. Des joueurs, des artistes et des fans de football ont expri­mé leur solidarité avec l’ancienne star. D’anciens joueurs de Zamalek, comme Ahmad Hossam (Mido), ont dit soutenir Abou-Treika. « Nous sommes avec Abou-Treika et nous espérons qu’il s’en sortira », a déclaré Mido. D’autres anciens joueurs, comme Amr Gamal, ont loué l’ancienne star. « Abou-Treika a toujours été un exemple de bonne conduite. Il n’est pas un criminel », a-t-il déclaré.

Face au brouhaha suscité par la décision de la commission, celle-ci a publié un autre communiqué de presse indiquant que la société Ashab Tours a été créée par Abou-Treika et un cadre de la confrérie des Frères musulmans, nommé Anas Mohamad Omar Al-Gadi. « Ce dernier a été condamné dans le procès numéro 14 275 de l’année 2014 pour actes hos­tiles contre l’Etat. Il finançait certains actes terroristes », souligne le communi­qué. Le secrétaire général de la commis­sion, Mohamad Yasser Aboul-Fotouh, a affirmé que le joueur a contesté la déci­sion de la saisie. « Le comité va examiner sa plainte », assure Aboul-Fotouh.

La justice avait officiellement interdit toutes les activités des Frères musul­mans en septembre 2013, et ordonné la confiscation des biens de la confrérie. Le ministre de la Justice, Mahfouz Saber, a affirmé : « Abou-Treika est certes un joueur aimable et il a repré­senté l’Egypte, mais personne n’est au-dessus de la loi ». Mohamad Zarée, président de l’Organisation arabe pour la réforme pénale, ne partage pas cet avis. « Cette décision n’est pas légale, car elle s’est basée sur la loi des entités terroristes, qui est en fait totalement inconstitutionnelle », affirme-t-il. Selon lui, cette décision confirme que « nous ne sommes pas dans un Etat de droit. L’Etat est en train de régler ses comptes politiques », conclut-il.

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