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Lois électorales : La déception des partis

Chaïmaa Abdel-Hamid, Jeudi, 16 avril 2015

En dépit du boycott de certains partis politiques, la troisième et dernière séance de dialogue sur l'amendement des lois électorales s'est tenue le 9 avril en présence du premier ministre.

Lois électorales
Les partis politiques sont mécontents de l'ensemble des réunions.

La troisième et dernière séance du dialogue communautaire entre le comité d’amendement des lois électo­rales jugées inconstitutionnelles et les partis politiques, s’est tenue le 9 avril, en pré­sence du premier ministre, Ibrahim Mahlab. Dénonçant une réunion de pure forme, plusieurs partis politiques ont décidé de boycotter la séance. « Nos craintes se sont maintenant confirmées. Ces réunions n’étaient en fait rien qu’une partie du décor. Elles ne sont pas sérieuses », explique Khaled Daoud, porte-parole du parti Al-Dostour. D’autres partis, comme le parti salafiste Al-Nour, le parti de la Justice, le parti Social-démocrate et l’Alliance populaire socialiste, ont aussi décidé de ne pas assister à la séance.

Tout a commencé lorsque certains partis ont proposé, pour les sièges pourvus au scrutin de liste, un découpage électoral en 8 régions de 15 sièges chacune, au lieu de 4 avec 2 régions à 45 candidats et 2 autres à 15. Or, cette proposition n’a pas suscité l’intérêt du comité. « La grande majorité des partis après la première rencontre a considéré que le seul gain qu’elle peut obtenir est de remplacer les 4 listes par 8 plus petites, mais cette proposition a été écartée par le comité », analyse Amr Hachem Rabie du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.

En effet, le comité a considéré que seuls les articles de loi jugés inconstitutionnels par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) allaient être amendés. Or, ceux-ci se rapportent au nombre de sièges individuels dans chaque cir­conscription qui, selon la HCC, n’est pas pro­portionnel au nombre d’habitants (voir entre­tien). Ibrahim Mahlab avait affirmé que le 1er tour des élections législatives se tiendrait avant le mois du Ramadan (prévu pour la mi-juin). Or, certains partis politiques mettent en doute les intentions du gouvernement. « Le gouvernement veut aller vite parce qu’il veut réaliser les pro­messes du président Sissi, plaire aux institutions mondiales comme le FMI, ou conclure des accords internationaux, comme celui sur les eaux du Nil. Mais le gouvernement ne s’inté­resse pas aux propositions des partis. Ces réu­nions sont de pure forme ! », s’exclame Daoud.

Le comité d’amendement des lois électorales a été formé après le verdict de la HCC invalidant certaines lois liées aux élections. Le président Sissi avait accordé au comité un délai d’un mois pour amender les lois en question de manière à ce qu’elles soient en accord avec la Constitution. Il s’agit de la loi sur le découpage des circons­criptions, et celle se rapportant au droit des bi-nationaux de se présenter aux élections. Les partis politiques ont été invités à un dialogue afin de s’exprimer sur les amendements.

Mais ces partis contestent l’agenda de ce dia­logue. « Beaucoup de figures inconnues et des partis dont on n’a jamais entendu parler assis­tent à ses réunions, uniquement pour soutenir les avis du comité et du premier ministre », affirme Hossam Al-Khouli, secrétaire général-adjoint du Néo-Wafd.

Dans des propos à Al-Ahram Online, le secré­taire général du parti Egyptien-démocrate, Ahmad Fawzi, a accusé le gouvernement de « parrainer certains groupes et de ne pas avoir de véritable intention de répondre aux revendi­cations des partis politiques ». Fawzi soup­çonne la Sécurité de vouloir pousser leurs loya­listes au parlement. « Il n’y aura pas de vie politique en Egypte si cela continue », conclut Fawzi.

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