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Du calme au centre-ville du Caire

Chérine Abdel-Azim, Mercredi, 08 avril 2015

Après la décision du gouvernorat du Caire d'interdire le stationnement au centre-ville, les rues connaissent un calme inhabituel. Fini les embouteillages et le stationnement en double file.

Les rues du centre du Caire connaissent depuis quelques jours un calme et une sérénité inha­bituels. La raison ? Le gouvernorat du Caire a interdit (sauf pour les habitants) le stationnement dans certaines rues comme Al-Bostane et Mohamad Farid entre autres. Le visiteur peut désormais faire le tour du centre-ville en 10 minutes. « Je ressens le parfum du centre-ville des années 1950 », lance avec nostalgie Am Ahmad, portier d’un ancien bâti­ment de la rue Talaat Harb.

La décision d’interdire le stationnement a été prise d’abord pour la place Tahrir, après l’inauguration du parking souterrain sur la place, et a été suivie par une autre décision qui élargit la zone d’interdiction au centre-ville. La décision suscite toutefois des réactions controversées. Les habitants sont satisfaits de voir disparaître les embouteillages provoqués par les voitures stationnées en double et en triple file. C’est le cas de Magdi Moheb, employé de banque, qui avait l’habitude de garer sa voiture dans la rue Qasr Al-Nil. « Au fond, c’est une bonne décision, car les rues du centre-ville du Caire ont retrouvé leur splendeur d’autrefois, mais je pense qu’il fal­lait prévenir les citoyens avant d’appliquer cette décision. J’ai été surpris le premier jour par l’inter­diction de stationner, et il est vrai que j’étais très en colère. Maintenant, je trouve que le gouvernement a pris la bonne décision. Il nous a au moins débarras­sés des fameux voituriers qui avaient formé une véritable mafia, et qui extorquaient énormément d’argent aux habitants », dit-il.

Les agents de police chargés d’appliquer cette décision racontent que durant la première semaine, les citoyens ne voulaient pas appliquer la décision et ont été verbalisés par milliers. Mais au fur et à mesure, les contraventions ont diminué. « Le pro­blème est que les gens en Egypte sont habitués depuis des générations à se garer juste devant l’en­droit où ils se rendent, même s’ils bloquent la circu­lation », explique un policier. En effet, beaucoup de citoyens préfèrent stationner en double ou en triple file plutôt que de parcourir quelques dizaines de mètres pour trouver une place, car cela permet d’économiser du temps. Toujours est-il que l’inter­diction de stationner a porté préjudice aux commer­çants. « Les clients ne sont plus encouragés à venir au centre-ville car ils ne peuvent plus s’y garer. C’est une grande perte pour les magasins », lance Ahmad, propriétaire d’un magasin sur la rue Talaat Harb. D’autres, au contraire, pensent qu’il n’y aura pas d’impact sur le commerce, car la majorité des clients du centre-ville sont issus d’une classe sociale moyenne qui ne possède pas de voitures ; ils sont des piétons qui préfèrent marcher. Entre le pour et le contre, il reste une vérité. C’est que le centre-ville a changé de peau et pour le mieux.

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