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Que lire au temps du coronavirus ?

Rasha Hanafy, Dimanche, 26 juillet 2020

Bien que les maisons d’édition égyptiennes subissent de grosses pertes depuis plus de quatre mois, certains livres connaissent un grand succès en librairie. Al-Ahram Hebdo vous propose de feuilleter quelques-uns.

Que lire au temps du coronavirus ?

Moi, Adam et le Montessori, aux éditions Al-Aïn.

C’est un livre de la coach de vie et spécialiste de la méthode pédagogique Montessori, Marwa Rakha. Elle y partage ses expériences personnelles concernant la grossesse, l’accouchement, les premiers mois du nouveau-né et l’éducation de son enfant. Rakha résume les concepts et les principes de la méthode Montessori, dont le nom revient à la pédagogue italienne Maria Montessori (1870-1952), qui était d’abord médecin, puis a étudié pendant 50 ans le comportement des enfants dans les milieux sociaux et culturels défavorisés, notamment ceux qui ont des difficultés d’apprentissage. La méthode Montessori repose sur des bases scientifiques, philosophiques et éducatives. Elle envisage l’éducation de façon globale, en définissant 4 plans de développement différents en fonction de l’âge de l’enfant, à partir de la naissance jusqu’à l’âge de 24 ans. C’est ce que l’auteure élabore dans son livre, parfois de manière subjective, en se référant à l’éducation de son propre fils, Adam.

Yawmiyate Tolstoï (journal intime de Tolstoï), aux éditions Afaq.

Les trois premières parties des récits autobiographiques de l’écrivain russe Leo Tolstoï (1828-1910), intitulées Yawmiyate Tolstoï (journal intime de Tolstoï), ont remis leur auteur sous les feux de la rampe. C’est une transcription des événements, des pensées et des préoccupations quotidiens, sans sélection. Ces récits révèlent le point de vue de Tolstoï sur les livres qu’il a lus ainsi que l’évolution de sa pensée. Selon le traducteur, Youssef Nabil, cela nous fait découvrir tant de surprises sur sa vie et ses idées. Tolstoï est un écrivain célèbre surtout pour ses romans et ses nouvelles qui dépeignent la vie du peuple russe à l’époque des tsars, mais aussi pour ses essais, dans lesquels il prenait position par rapport aux pouvoirs civils et ecclésiastiques et voulait mettre en lumière les grands enjeux de la civilisation.

La série Nobel 2019, aux éditions Sefsafa.

Il s’agit notamment de la traduction arabe des trois essais rédigés par l’écrivain autrichien Peter Handke, à la fois romancier, essayiste, dramaturge, poète, scénariste et réalisateur. A savoir : Essai sur la fatigue, Essai sur le juke-box et Essai sur la journée réussie. Handke a reçu le prix Nobel de littérature en 2019 et fut critiqué pour ses positions pro-serbes et sa présence à l’enterrement de l’ancien homme fort de Belgrade, Slobodan Milosevic. Néanmoins, l’écrivain prolifique, de langue allemande, a publié plus de 80 titres qui se distinguent de par leur ingénuité linguistique. Les essais en question présentent ses réflexions sur la fatigue, sur le temps de loisir et la musique, sur l’art de passer une journée réussie.

Kol Rijal Al-Pacha (tous les hommes du pacha), aux éditions Al-Shorouk.

Dans son essai Kol Rijal Al-Pacha (tous les hommes du pacha), l’historien Khaled Fahmi, professeur d’études arabes contemporaines à l’Université de Cambridge, raconte la façon dont Mohamad Ali est devenu maître de l’Egypte au XIXe siècle, notamment à travers la fondation d’une puissante armée, impliquée dans tous les aspects de la vie publique, y compris la santé. Il y explique aussi comment l’armée conserve de nos jours un rôle de premier plan dans la réalité égyptienne. Le livre a été publié pour la première fois en 1997, ensuite, vu son succès, il a été réédité à plusieurs reprises. D’ailleurs, Fahmi vient de recevoir le Prix du meilleur livre d’histoire sociale, par la Société de l’Histoire Sociale (SHS), en Grande-Bretagne, pour son dernier ouvrage In The Quest of Justice (en quête de justice), publié en 2018 par l’Université de Cambridge.

Fi Assar Enayat Al-Zayat (sur les traces d’Enayat Al-Zayat), aux éditions Al-Kotob Khan.

« Suivre les traces d’une personne ne signifie ni combler toutes les lacunes, ni rechercher toute la vérité, afin de documenter une vie. C’est plutôt tout un voyage que l’on effectue dans l’univers d’une personne qui ne peut plus parler pour elle-même. On tente de nouer un dialogue avec elle, malgré son absence ». Tel est le cheminement de la poétesse et romancière égypto-canadienne Iman Mersal, dans son livre hors classification Fi Assar Enayat Al-Zayat (sur les traces d’Enayat Al-Zayat).

Une étrange coïncidence a conduit l’auteure vers son personnage principal, Enayat Al-Zayat, une écrivaine égyptienne mystérieuse qui s’est suicidée toute jeune dans les années 1960, ayant publié un seul roman intitulé Al-Hob wal Samt (l’amour et le silence). La structure de l’oeuvre incite les lecteurs à connaître davantage sur cette écrivaine méconnue du grand public. On part sur ses traces, comme l’indique le titre de Mersal, en passant d’une histoire à l’autre et en ouvrant plusieurs parenthèses.

Bayt Al-Qebtiya (la maison de la copte), aux éditions Al-Masriya Al-Lobnaniya.

Ayant fait une carrière juridique, l’écrivain Achraf Al-Achmawy s’est concentré dans son roman Bayt Al-Qebtiya (la maison de la copte) sur les conflits confessionnels entre musulmans et chrétiens dans un village égyptien, sous Hosni Moubarak. Il s’est sans doute inspiré des dossiers qu’il avait suivis en tant que juge entre autres et s’interroge comme le personnage principal du roman (Nader) : pourquoi ne sommes-nous pas parvenus à éviter de mettre de l’huile sur le feu ? Il s’agit d’un roman sociopolitique par excellence qui invite les lecteurs à se pencher calmement sur la question et à observer attentivement ce qui se passe autour d’eux pour y réfléchir : « Je ne vois plus de coptes et de musulmans, j’ai vu des monstres fanatiques des deux côtés, qui ont transformé leur vie en un véritable enfer. Et ce, dans le but de prouver à leurs adeptes que tous ces autres n’iront pas au paradis. La question éternelle demeure : à qui profite cette situation ? ».

Ma Wajadna Alayhi Abaëna (le legs des ancêtres), aux éditions Bayt Al-Yasmin.

Portant sur les relations familiales entre parents et enfants, l’ouvrage du psychologue Yéhia Moussa Ma Wajadna Alayhi Abaëna (le legs des ancêtres) se compose de trois chapitres. Le premier traite des valeurs qu’on inculque aux petits dès leur plus jeune âge. Le deuxième passe en revue les astuces psychologiques que les enfants empruntent pour coexister avec ces idées. Et le troisième chapitre est sur la façon dont l’enfant parvient à éviter de tomber dans le piège des idées reçues tendu par les ancêtres. C’est un livre qui aide les parents à éviter certaines erreurs communes en éduquant leurs enfants.

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