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Deux siècles d’histoire

Rasha Hanafy, Mardi, 24 juillet 2018

L’Université du Caire vient de publier un livre sur l’histoire de la faculté polytechnique, à l’occasion du bicentenaire de sa fondation. Un document exceptionnel destiné aux nouvelles générations.

Deux siècles d’histoire
La promotion de l’Ecole polytechnique en 1937.

Mieux vaut tard que jamais. L’Université du Caire a publié récemment un livre à l’occasion du bicentenaire de la faculté polytechnique, créée en 1816. Al-Mohandeskhana en 200 ans. La faculté polytechnique, Université du Caire, tel est le titre du livre de 200 pages grand format, rassemblant des photos, des témoignages et des extraits de documents racontant l’histoire de la première Ecole polytechnique en Egypte, dans le monde arabe et en Afrique. L’ouvrage est divisé en quatre parties : la première sur l’histoire de la fondation depuis Mohamad Ali jusqu’au roi Farouq, la deuxième sur les départements et les règlements, la troisième sur les professeurs et les étudiants et, enfin, la quatrième sur les réalisations et quelques témoignages. « Cette publication documente l’histoire de la faculté polytechnique, Université du Caire et les exploits des générations successives. (….) Nous sommes fiers des projets géants que les ingénieurs égyptiens ont présentés à notre patrie, ainsi que leurs contributions à d’autres universités comme celle d’Alexandrie, de Aïn-Chams et d’Assiout. Leur objectif principal était de propager l’enseignement de la polytechnique, non seulement en Egypte, mais également dans le monde arabe et en Afrique », indique Al-Sayed Mohamad Ahmad Tag Al-Din, doyen de la faculté. Cette publication est le fruit d’un effort exceptionnel en rassemblant des photos et des documents sur la promotion du système éducatif et la création de nouveaux départements, ainsi que des références arabes ou françaises par les ingénieures Anne Medhat Al-Messiri et Alia Sameh Okacha. Les rédactrices du livre sont la journaliste Menha Al-Batrawi et la chercheuse Nermine Khafagua.

L’idée fondatrice de l’enseignement de la polytechnique en Egypte était de construire un Etat moderne après l’expédition française, qui possède des établissements capables de donner aux étudiants un enseignement de niveau international.

L’Expédition française et la famille Mohamad Ali

Deux siècles d’histoire
La polytechnique ne se limite pas aux hommes.

Napoléon Bonaparte n’est pas venu avec l’armée et la flotte françaises uniquement en Egypte en 1798, mais il était accompagné aussi de plus de 170 savants et artistes. Selon le livre, l’Expédition française en Egypte a été l’occasion d’une expédition scientifique formée de savants comme Gaspard Monge, pionnier de la géométrie descriptive, qui a présidé l’Académie égyptienne des sciences, établie par Bonaparte à l’instar de l’Académie des sciences en France. Cette instance scientifique était formée de 45 ingénieurs, 12 mécaniciens, 30 astrologues, mathématiciens, chimistes, biologistes, outre les dessinateurs des cartes, les architectes, les hommes de lettres, les musiciens et les économistes. Cette expédition était le noyau de la fondation d’Al-Mohandeskhana ou l’Ecole polytechnique en 1816, à l’époque de Mohamad Ali, le militaire qui a régi l’Egypte de 1805 à 1848. Au début, elle était située à la Citadelle, ensuite une branche a été construite à Boulaq, en 1834, visant à assimiler le nombre croissant d’étudiants.

Selon le livre, les directeurs à cette époque étaient des Français ou des Egyptiens. Citons, à titre d’exemple, Charles Lambert, qui a créé l’Ecole des mines qu’il a dirigée de 1836 à 1840, avant de diriger l’Ecole polytechnique de Boulaq, de 1840 à 1849. A travers le réseau de professeurs que Lambert a su constituer à partir des boursiers égyptiens envoyés à Paris, il a pu former d’excellents ingénieurs qui furent aussi des hommes qui ont profité des avancées techniques en tant que facteur de développement économique et de progrès social. Quant à Ali Moubarak, il était le directeur de l’Ecole polytechnique de 1851 à 1859. A l’époque de Saïd pacha, il y a eu une fermeture pendant quatre ans de l’école, de 1854 jusqu’en 1858.

En 1866, le khédive Ismaïl a inauguré l’école d’irrigation et d’architecture au palais Zaafarana, à Abbassiya, aujourd’hui siège de l’Université de Aïn-Chams. Des extraits de documents portant sur les décrets du khédive au sujet de l’Ecole polytechnique sont présentés dans cette partie du livre. Le livre nous fournit des photos des nouveaux locaux de l’Ecole polytechnique, construits à Guiza, en 1904, à l’époque du khédive Abbass Helmi II, ainsi que des documents témoignant du changement du système éducatif et de la relève des notes pour les étudiants. Selon le livre, le nom de l’école a été changé, sous le roi Fouad I, en 1923, pour devenir l’Ecole polytechnique royale. En 1933, le roi Fouad Ier a inauguré le laboratoire d’électricité. En 1935, l’école a été incluse au sein de l’Université Fouad Ier, aujourd’hui l’Université du Caire. A l’époque du roi Farouq, en 1941, une branche de la faculté polytechnique a été inaugurée à Alexandrie. Elle a servi de noyau pour fonder l’université Farouq, aujourd’hui l’Université d’Alexandrie, en 1942.

L’époque post-1952

Deux siècles d’histoire

Durant la seconde moitié du XXe siècle, les secteurs polytechniques qui soulevaient l’intérêt des dirigeants de la nouvelle République d’Egypte étaient : le génie hydraulique pour la réforme agraire, électrique pour la construction des stations de génération électrique à travers le pays, mécanique pour la production des véhicules et pétrolier pour l’exploration des gisements. Les ingénieurs et professeurs de la faculté polytechnique ont joué un rôle important durant les années de la défaite de 1967 et de la victoire de 1973.

L’ouvrage n’a pas manqué de faire des portraits des premiers pionniers, comme le professeur Mohamad effendi Al-Bayoumi et Mohamad effendi Mazhar, des pionniers récents comme William Sélim Hanna, Ali Labib Gabr, Michel Bakhoum et Mohamad Chérif Noeman. De même, on peut lire quelques pages sur les premières femmes à la faculté polytechnique, comme Amina Al-Hefni au département de chimie, Massarate Hassan au département de mécanique et Nagwa Al-Qoussi au département de génie civil. Le livre nous informe également de quelques rencontres avec des professeurs contemporains dans plusieurs départements qui témoignent de la promotion réalisée dans chaque domaine.

Il s’agit d’un ouvrage de documentation pour qu’on n’oublie pas l’histoire et pour compléter la tâche fondamentale de construire un Etat moderne.

Al-Mohandeskhana en 200 ans. La Faculté polytechnique, Université du Caire, Edition Université du Caire.

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