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Du Caire à Istanbul, Ghada Ragab se réinvente

Yasser Moheb , Lundi, 12 novembre 2012

Dans son nouvel album Sorty (mon image), la jeune chanteuse Ghada Ragab garde quelques rythmes qui ont fait sa célébrité et se lance avec force dans le style turc. Des titres variés aux accents largement ottomans.

Ghada Ragab

Chanteuse à la voix agréable et envoûtante, Ghada Ragab est en pleine évolution artistique. Connue pour ses chansons romantiques et orientales, elle se renouvelle et revient sur le devant des scènes égyptienne et turque avec un nouvel album intitulé Sorty (mon image). Sauce ottomane et rythmes turcs qualifient cet album en collaboration avec le chanteur-compositeur turc Selami Sahin.

Après quatre albums et de longues absences de la scène musicale égyptienne, Ghada Ragab a choisi de faire son come-back en tirant sur la même corde, malgré des changements importants. Elle revient en partie sur les mêmes notes que celles de son duo en 2010 avec la chanteuse turque Intizar pour la chanson Ihlamurlar altynda, ou que dans Sanawat al-dayaa (années de perte). Par ailleurs, elle a donné un concert à l’Opéra du Caire en 2011, dans lequel elle chantait accompagnée du joueur turc de clarinette, Hasno. Son attrait pour la langue turque reste clair, suite à l’invasion des séries turques sur les télévisions égyptiennes.

Rompant avec la société de production de ses derniers albums, Rotana, Ghada Ragab veut changer de peau. Elle ne chante quasiment plus que dans le style turc.« Ce n’est pas la première fois que je chante dans une autre langue que l’arabe »,explique-t-elle. En Turquie, l’album sera commercialisé sous le titre Ozledim.

« J’ai autrefois chanté en prenant plusieurs accents : tunisien, iraqien, du Golfe ... J’ai même chanté en anglais, mais je suis plus à l’aise quand je chante en turc, vu la grande ressemblance entre les goûts égyptiens et turcs »,souligne la chanteuse, qui vient de nier les rumeurs sur son éventuel mariage avec un jeune homme turc.

Six titres charmeront les fans de la jeune chanteuse à travers la simplicité des paroles, la douceur de la musique et le mélange des rythmes. La grande majorité des paroles sont signées Bahaeddine Mohamad et la musique Selami Sahin.

L’album commence par Yama zann (il a tant insisté), avec une musique composée par Ihan Pascal et arrangée musicalement par Samih Erdogan. A travers des airs métissés et un rythme pop accéléré, balançant entre mélodies arabes et euphonie turque, Ghada Ragab tente de plaire à un public désormais frappé par la « turcomanie ».

Du slow à la pop

La deuxième chanson rend à la chanteuse son style serein. Intitulée Tearaf leih (sais-tu pourquoi ?), elle fait partie du genre traditionnel de Ghada Ragab, celui du slow romantique. Composée et arrangée musicalement par Craig, la chanson donne le meilleur de la voix de Ragab : de la douceur, de la chaleur et de l’éclat, ainsi que des octaves plus hautes au timbre de velours.

Puis avec Awi awi, l’album repart dans des rythmes accélérés avec une musique signée Ononamet arrangée musicalement par Mohamad Moustapha. Un arrangement de teinte turque où Mohamad Moustapha a recours à des airs jazz, combinant la guitare, le keyboard, les violons et les percussions arabes, jouant des mélodies ascendantes et descendantes,avec des jeux de techno toujours version pop anatolienne.

Dans Dayman maak (toujours avec toi) écrite par Hani Abdel-Karim et composée et arrangée par Selami Sahin, Ghada Ragab donne le seul duo de son album, toujours avec Selami Sahin. Les deux interprètes chantent à tour de rôle dans leur langue natale et dans celle de l’autre. On écoute Ragab chanter en turc après l’arabe, et Sahin en arabe après le turc. Ghada Ragab reste à l’aise et crédible dans sa prestation en turc, beaucoup plus que Selami Sahin en arabe. Une prestation qu’elle met sur le compte de sa décision d’apprendre le turc. « Autrefois, j’interprétais les chansons turques comme un perroquet, sans en saisir les mots. J’ai pris la décision d’apprendre la langue turque pour mieux comprendre ce que je chante et par la suite mieux sentir le sens ». L’effort s’est révélé payant.

Kolloh men dah (tout sera pareil), signée par le compositeur Abdel-Rahman Kizlay et l’arrangeur musical Samih Erdogan, est une chanson attirante par son arrangement musical. De la guitare électrique, des violons, des mizmars — trompette égyptienne — et des percussions orientales : toujours le même mélange arabo-turc, mais ici transformé en mélange arabo-espagnol où la voix orientalede la chanteuse se croise avec des airs de guitare espagnole, avant de retourner doucement vers le turc.

C’est à la fin de l’album que se situe son tube : Sorty (mon image). Un morceau à la musique purement turque, signée Selami Sahin et arrangée par Samih Erdogan. Du duduk turc (flûte d’origine arménienne, utilisée abondamment dans la musique turque), aux violons, en passant par le piano : les rythmes sont en parfaite adéquation avec la voix de Ghada Ragab. Celle-ci excelle à reprendre le dernier couplet de la chanson en turc, avant de finir son album sur des airs très ottomans, laissant l’auditeur assouvi mais mitigé.

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