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Dani Pannullo : Hassan Fathi est un humaniste. Il est un grand scénographe au sens du terme

May Sélim, Mercredi, 14 décembre 2022

3 questions au metteur en scène et chorégraphe espagnol d’origine argentine Dani Pannullo.

Dani Pannullo

Al-Ahram Hebdo : Vous avez déjà présenté Desordances 3, au Caire, en 2007. Comment s’est développée depuis votre relation avec l’Egypte ?

Dani Pannullo : Ma première visite en Egypte date de 2006. C’était sur une invitation du Festival de danse contemporaine, organisé dans le temps par Walid Aouni. Je suis venu avec ma troupe, puis de retour en Espagne, l’Egypte a continué à hanter mon esprit. J’ai voulu mieux découvrir le pays et ses danseurs. Je suis revenu et j’ai tenu une audition pour sélectionner des danseurs urbains égyptiens qui pourraient participer à mon spectacle Desordances 3. Le spectacle a été ensuite donné, en 2007, à l’Opéra du Caire. Et depuis, j’ai gardé un rapport avec l’Egypte, même si je n’ai pas créé de spectacles. Je viens de temps en temps animer des ateliers de danse et faire connaissance avec les différentes générations de danseurs. J’ai donné en 2010 le spectacle Girovago au siège du sultan Qaïtbay, et me voilà encore une fois de retour avec Architecture de la danse. Ce spectacle peut être facilement repris dans les salles d’exposition des musées.

— Qu’est-ce qui vous a incité à puiser dans le monde de l’architecte égyptien Hassan Fathi ?

— L’an dernier s’est tenue à la Maison arabe à Madrid une exposition portant sur les oeuvres de Hassan Fathi. J’ai ensuite reçu plusieurs ouvrages sur lui, traduits vers l’espagnol, par la Maison arabe. Durant cette exposition, j’ai rencontré Cándido Creis, l’attaché culturel de l’ambassade espagnole en Egypte. Il m’a proposé de monter un projet de danse, inspiré de Hassan Fathi. Pour moi, ce dernier est un humaniste et un artiste. C’est un grand scénographe dans le vrai sens du terme. En regardant ses oeuvres, vous pouvez remarquer qu’il fait un travail de scénographie. Alors, pourquoi ne pas se rapprocher de son monde, par le biais de la danse ? D’habitude, les designs des architectes sont loin des petites gens. Or, l’héritage de Fathi est plutôt en relation étroite avec ceux-ci. C’est plutôt un patrimoine universel.

— Comment avez-vous sélectionné l’équipe de danseurs urbains qui ont participé à ce spectacle ?

— La danse urbaine connaît une révolution de par le monde. C’est une danse qui est née dans les rues aux Etats-Unis, mais qui a connu un grand essor en Europe et partout dans le monde. Elle englobe de différentes formes de danses. Il y a le nouveau hip-hop, le new break danse et d’autres genres. La danse urbaine change et se développe rapidement. Pour ce spectacle, J’ai fait une audition via Instagram, pour recruter des jeunes danseurs urbains égyptiens. Ils ont beaucoup à nous raconter et inventent de nouvelles techniques, pour ce faire. Je suis juste intervenu pour mettre de l’ordre dans l’ensemble, sur scène. J’aime bien qu’ils se produisent à leur manière. Je ne me considère pas comme un chorégraphe qui impose aux jeunes des danses strictes, mais plutôt comme un metteur en scène. La danse urbaine est vraiment propre à cette époque, elle permet de raconter de nouvelles histoires. Les concepts de la danse académique dans notre temps commencent à se briser, alors que la danse urbaine est proche des gens ordinaires.

En sélectionnant les danseurs, j’ai choisi de présenter Amie Sultan non pas en tant que star de la danse orientale égyptienne, mais d’une toute autre manière. J’ai fait sa connaissance l’an dernier et on a beaucoup discuté à propos des approches chorégraphiques.

Quant à Mohamed Al-Sayed, directeur du centre Mawlana, c’est un danseur que je connais depuis longtemps. Il vit entre l’Egypte et l’Espagne et donc c’est un véritable artiste qui a un pied dans chaque culture.

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