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Escapade au bord de la mer

Névine Lameï, Mardi, 25 mai 2021

L'artiste-peintre Miriam Hathout imagine les plages des années 1960, bondées de femmes en maillots de bain. C’est une autre Egypte que l’on retrouve sous les parasols, loin des fanatismes et du confinement.

Escapade au bord de la mer
A la plage, chacun a sa place.

Sous le beau soleil d’Egypte, celle des années 1960, Miriam Hathout peint les plages d’un goût vintage. Et ce, à travers son exposition en cours La Mer, à la galerie Asfour Al-Nil (l’oiseau du Nil) à Zamalek.

« Je cherche à semer un peu d’espoir et de gaieté en ces temps de coronavirus où l’on n’arrive pas à mener une vie normale. J’essaye de m’évader à l’aide de ces pein­tures, de fuir la réalité, pour retrouver le bonheur. Et j’invite les visiteurs de l’exposi­tion à agir de même, en faisant une escapade dans les plages égyptiennes des années 1960, synonyme de liberté et d’émancipation. Cette période chère à mon coeur n’est pas sans influencer mon travail. Je trouve un grand plaisir à regarder les films égyptiens en noir et blanc, lesquels m’inspirent beaucoup. De plus, les histoires de ma grand-mère sur cette période alimentent constamment mon imagi­nation », déclare Miriam Hathout. En regar­dant ses peintures, avec tant de corps en maillots de bain, allongés au bord de la mer, on est pris de nostalgie et on se pose tant de questions sur ce qui s’est passé au fil des années !

Des corps libres

Escapade au bord de la mer
Un bain de soleil tranquille.

Les scènes de baignade sont assez joyeuses, elles débordent de vie, avec des formes plan­tureuses qui s’approchent du fauvisme. Fugacité, couleurs extravagantes, jeu de lumières sous un soleil de plomb. Les person­nages sont surtout des femmes assez fortes, qui n’hésitent pas à montrer la générosité de leurs corps. Des foules denses qui se côtoient sous les parasols, ancrées dans le sable ou voltigeant sans êtres dérangées. Malgré leur surpoids, les femmes sont peintes par Hathout en toute légèreté et souplesse. Les tableaux font automatiquement référence au présent très différent, on n’a plus le même rapport avec son corps, c’est sûr.

Sur les toiles, les femmes ont vraiment la paix. Hathout préserve son côté optimiste. Elle sublime l’aspect charnel, le vide et le chaos, à l’aide de détails expressifs. Sa palette est vibrante et saturée, elle emprunte la perception que l’Qncien Egyptien avait de la nature : le jaune du soleil, le vert de la végétation, le noir de la terre fertile, le bleu du ciel, etc.

« J’aime peindre le plus souvent des sujets amusants inspirés de la culture égyptienne, de la campagne, de la vie rurale, des ani­maux … J’aime aussi peindre le quotidien des habitants de la ville, leur façon de se comporter et d’agir », précise Miriam Hathout, qui met en relief le mouvement des corps au bord de la mer, dans une ville côtière du siècle passé. Une ville qui est hantée par la nostalgie, sans faire exprès.

A la galerie Asfour Al-Nil, jusqu’au 28 mai, de 10h à 21h (sauf le vendredi). 23, rue Ismaïl Mohamad, Zamalek.

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