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La musique arabe défie la pandémie

Lamiaa Al-Sadaty, Dimanche, 08 novembre 2020

La 29e édition du Festival de la musique arabe a vu le jour, dans le respect des règles sanitaires. Quelques nouveautés n’ont pas manqué de raviver l’événement et de combler un public enjoué.

La musique arabe défie la pandémie
Cérémonie d'ouverture de la 29e édition du Festival de la musique arabe. (Photo : Ahmad Refaat)

Musique classique orientale, chansons, calligraphies, concours de violoncelle et expo­sition pour jeunes talents… La 29e édition du Festival de la musique arabe, tenue à l’Opéra du Caire, vient de prendre fin dans une atmosphère de précaution sanitaire. « J’ai commencé à travailler à petite échelle, n’étant pas sûre que le festival ait lieu. Puis, une fois que la ministre avait décidé que le festival se tiendrait, on a commencé à inviter les artistes arabes. Conscients de la situation délicate ces jours-ci, nous étions compréhen­sibles à l’égard de l’absence de certains invités ou de leurs excuses », explique Gihane Morsi, metteuse en scène et directrice du festival. Elle explique par ailleurs que les amateurs de musique arabe ne cessaient de lui demander si le festival aurait lieu et d’exprimer leur désir ardent d’assister à des concerts, notamment après la suspension des activités musicales à l’Opéra, à cause du confinement. « Depuis le lancement du festival il y a 29 ans, il n’a jamais été interrompu. Sa fondatrice, la canta­trice Ratiba Al-Hefni, avant de nous avoir quitté il y a quelques années, nous a priés de continuer à l’organiser, c’était son testament », souligne Gihane Morsi, qui espère reprendre la tradition de donner le coup d’envoi du festival avec des opérettes, comme ce fut le cas sous la direction d’Al-Hefni. Des opérettes dont elle était souvent la metteuse en scène.

Le contexte où s’est tenu le festival cette année a imposé quelques nouveautés, par pré­caution sanitaire. « D’abord, l’installation d’un nouveau théâtre en plein air, celui d’Al-Nafoura ou la fontaine. C’était la seule solu­tion pour pouvoir accueillir un public nom­breux, tout en respectant les mesures de la distanciation sociale. Le grand théâtre n’était pas suffisant », fait remarquer Morsi. Et d’ajouter : « Pour la première fois, le festival a fait son ouverture en rendant hommage à des compositeurs encore en vie, tels Helmi Bakr, Mohamad Sultan et Gamal Salama dont les oeuvres musicales ont été jouées par l’en­semble de musique arabe, dirigé par le maes­tro Sélim Sahab ».

Après la cérémonie d’inauguration, la ministre de la Culture a décoré des personnali­tés qui ont impacté la scène musicale arabe dont le poète égyptien Békhit Bayoumi, le joueur de nay (flûte orientale) Mohamad Abdel-Nabi, le compositeur-arrangeur Yéhia Mahdi, le chanteur Maher Al-Attar et le com­positeur Ammar Al-Chéréï, la chercheure Magda Abdel-Samie, les membres du groupe Al-Asdéqä (les amis) datant des années 1980 : Mona Abdel Ghani, Alaa Abdel-Khaleq et Hanane, les violonistes Mahmoud Osmane et Mohamad Qotb ainsi que le calligraphe Moustapha Emari.

Car le festival a toujours eu pour mission de favoriser le dialogue interculturel, de faire connaître les talents du monde arabe et de divulguer la culture arabe sous ses différentes formes artistiques, à travers une programmation très variée et variable.

Une programmation éclectique

La musique arabe défie la pandémie
Nadia Moustapha parmi les stars du festival. (Photo : Ahmad Refaat)

La cérémonie d’inauguration s’est déroulée au nouveau théâtre en plein air, donnant le coup d’envoi à 28 concerts qui ont eu lieu aussi à d’autres endroits comme la petite salle de l’Opéra, le théâtre Al-Gomhouriya, l’Institut de la musique arabe, ainsi que les salles de l’Opéra d’Alexandrie et de Damanhour. Ces concerts ont été animés par 93 chanteurs, venant de 5 pays arabes, à savoir l’Egypte, la Tunisie, l’Iraq, la Jordanie et le Liban.

Une panoplie de stars a réussi à attirer un grand public, tels les chanteurs égyptiens Ali Al-Haggar, Hani Chaker, Nadia Moustapha, Mohamad Al-Helw, Ahmad Ibrahim et les chan­teurs libanais Assi Al-Hillani et Waël Jassar. Et ce, sans oublier d’autres interprètes plus jeunes, lesquelles sont parvenues à se faire une place ces dernières années, telles May Farouq, Souma, Marwa Nagui et Carmen Soliman.

Toutes les expressions musicales du monde arabe étaient de mise, qu’elles soient tradition­nelles ou contemporaines, et ce, grâce à la présence de 7 groupes de musique aux ten­dances diverses. A savoir le Groupe de la musique arabe pour le folklore sous la direc­tion de Farouq Al-Babli, Cairo Steps dirigé par Bassem Darwich, qui fait une fusion entre musique arabe, soufie et jazz, l’Orchestre de l’Opéra du Caire sous la direction de Nayer Nagui, l’Orchestre Sout Masr sous la direction d’Ahmad Atef, le groupe Al-Hefni pour la musique arabe sous la direction de Hicham Nabawi, le Groupe de l’Opéra d’Alexandrie pour la musique et le chant arabes, sous la direction de Abdel-Hamid Abdel-Ghaffar, et le groupe national de la musique arabe sous la direction de Hazem Al-Qasabgui.

En parallèle, une conférence a été organisée sous le thème « L’avenir de la musique arabe au lendemain de la pandémie ». Celle-ci a réuni des académiciens arabes qui ont abordé cette thématique à travers quatre idées princi­pales : les perspectives de la création arabe en musique, les perspectives de la présentation de la musique arabe, l’avenir de l’enseignement de la musique arabe et les problématiques liées au folklore.

En outre, un concours de musique portant le nom de Ratiba Al-Hefni, fondatrice du festival et ancienne directrice de l’Opéra du Caire, était prévu, réparti en deux sections: une section destinée à la chanson, avec la participation de plusieurs jeunes talents, et une autre consacrée aux joueurs de violoncelle.

En marge du festival, s’est tenue une exposi­tion du calligraphe Moustapha Emari, à la galerie Salah Taher, toujours dans l’enceinte de l’Opéra du Caire. Ceci dit, pendant dix jours, à partir du 1er novembre le public a pu profiter d’une vraie fête de la musique arabe et rompre avec l’ambiance tendue du Covid-19.

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