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Des spectacles en quête d’une vie meilleure

Bassem Sadeq, Mardi, 11 avril 2017

Dans sa deuxième édi­tion qui vient de prendre fin, le Festival internatio­nal du théâtre de la jeunesse de Charm Al-Cheikh s'est voulu être le miroir d'un monde agité à travers les thèmes qu'il a abordés. Des thèmes qui sont au centre de l'actualité arabe et européenne. Bilan.

Des spectacles en quête d’une vie meilleure
Chakaf.

12 spectacles venus des quatre coins du monde étaient en compétition officielle lors de la deuxième édition du Festival du théâtre de la jeunesse de Charm Al-Cheikh, et ont reflété un monde en pleine agitation. Cette édition a été marquée par les thèmes de l’immi­gration illégale, les souffrances endurées par la femme arabe et européenne ainsi que la révolte contre la corruption.

En fait, les parodies de l’immigration illégale ont eu la main haute et le thème a été jusqu’alors consensuel dans la plupart des spectacles. La pièce tunisienne montée par la réalisatrice Sirine Kannoun, Chakaf (NetherWorld), relate l’itinéraire douloureux de l’immigration illé­gale à bord des barques de la mort. Ceci, à tra­vers l’histoire de 8 personnes originaires de Tunisie, du Bénin, du Liban et de Syrie. Chacun vit un calvaire différent, mais un même rêve les rassemble, malgré le danger qui entoure leur périple, celui d’atteindre avec leurs barques vétustes une nouvelle terre.

Le spectacle Chakaf, exceptionnel par le jeu de ses comédiens, présente des récits malheu­reux qui ont poussé leurs protagonistes à fuir, ou à transpercer l’inconnu, à la recherche d’un avenir meilleur sur l’autre rive.

Le spectacle iraqien hors compétition intitulé Une mort potable, et qui a été présenté dans le cadre des activités consacrées au théâtre de la rue, aborde le même thème de l’immigration clandestine. Il a été interprété sur les splen­dides rives de la cité balnéaire de Charm Al-Cheikh. Avec en arrière-plan la mer et le sable, on découvre avec chaque victime retirée des eaux que le seul espoir est de mener une vie qui ne soit pas entachée de sang.

Les maux de la femme
C’est autour de la souffrance de la femme que s’est focalisé le monodrame franco-marocain intitulé Médée, interprété et mis en scène par Rabia Telatli, qui a d’ailleurs été critiquée à cause de l’exagération du jeu. La dramaturge a abordé la large palette des maux de la femme, toutes tendances confondues, sur fond de réa­daptation du célèbre mythe Médée de l’écrivain allemand Heiner Muller. Dans le spectacle de la Corée du Sud, Le Papillon, le public a pu témoigner d’une performance corporelle, sen­sationnelle et harmonieuse entre les héroïnes qui ont fait un flash-back pour réincarner les mémoires douloureuses des viols et des meurtres pendant la guerre contre le Japon en 1940. Les danses intenses ont été une matière d’interaction sans pareil, reflétant à la fois le tumulte de la vie et les souvenirs des vieilles femmes.

Le spectacle italien, La Ferme, d’après l’oeuvre du célèbre Georges Orwell, La Ferme des animaux, fut la grande surprise du festival. Les comédiens ont excellé dans un jeu collectif qui démontre le périple difficile de l’entraîne­ment par lequel est passée toute l’équipe pour que le spectacle soit hors du commun, surtout lorsque leurs gestes corporels interprétaient la roue du ruisseau.

Les participations arabes ont été de qualité médiocre, telles les représentations omanaise Al-Nouakhza, égyptienne Al-Insane Al-Tayeb et koweïtienne Al-Mahta 50. Bahreïn, avec son spectacle Al-Hachim, a offert au public un jeu assez satisfaisant, abordant l’idée de l’espoir face aux multiples obstacles de la vie .

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