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La Syrie : Survivre à travers l’art

Yasser Moheb, Lundi, 20 juin 2016

Une trentaine de feuilletons syriens sont diffusés sur une dizaine de chaînes. La plupart d'entre eux ont été tournés en Egypte, aux Emirats, au Liban ou en Jordanie, mais certains ont été tournés à Damas, à quelques kilomètres des bombardements.

La Syrie : Survivre à travers l’art
Certaines scènes de Khatoun ont été tournées dans un quartier damascène, non loin des affrontements.

Jusqu’aux débuts des années 2000, les séries égyptiennes avaient un quasi-monopole sur le marché de la fiction télévisée arabe. Puis les séries syriennes ont gratté peu à peu ce monopole, rejointes par celles des pays du Golfe. Quatre ans après le début de la guerre en Syrie, l’art syrien tente de survivre. Malgré la situation de guerre dont témoigne le pays, la production audiovisuelle ne s’est pas arrêtée.

Lors de ce mois du Ramadan, plus de 30 feuilletons syriens sont diffusés sur une dizaine de chaînes, dont la majorité a été tournée en Egypte, aux Emirats, au Liban ou en Jordanie, mais certains ont été tournés à Damas et dans quelques cités syriennes à quelques kilomètres des bombardements. En tête de liste de ces oeuvres figure Khatoun, dont le tournage a eu lieu à 5 kilomètres seulement des affrontements entre l’armée syrienne et les rebelles, dans le quartier damascène de Jouber.

Khatoun étant un titre turc désignant une femme noble, le feuilleton relate l’histoire d’une femme syrienne appartenant à la noblesse, laquelle tombe amoureuse d’un brigadier français pendant la période du mandat français en Syrie.

« Parfois, on entendait le bruit des bombardements et les missiles tomber juste à côté de nous en tournant, ce qui obligeait le réalisateur Tamer Ishaq à arrêter le tournage et à éteindre les projecteurs, afin d’échapper à la mort ou aux tirs des combattants », souligne le comédien syrien Bassem Yakhour, l’une des stars de l’oeuvre. Selon lui, toute l’équipe du feuilleton se sentait en mission nationale : « celle de dire au monde que les Syriens ne sont pas tous des adversaires et des ennemis, mais nous pouvons survivre en s’exprimant autrement à travers l’art ».

D’autres fictions syriennes ont décidé de préserver la notoriété artistique des pays du Levant. Parmi elles, Nos Yawm (une demi-journée), drame interprété par Taïm Hassan et Nadine Nojeim, écrit par Bassem Silka et réalisé par Samer Al-Barqawi.

Sur ce même terrain des oeuvres aventureuses, figure aussi la série Taht Al-Hézam (sous la ceinture) du réalisateur Hatem Ali, deuxième volet du téléfeuilleton Al-Arrab qui a rencontré un grand succès suite à sa diffusion l’année dernière, avec Bassel Khayyat, Mona Wassef et Waël Zidan. L’équipe du feuilleton a été obligée d’effectuer une partie du tournage à Alep, selon la boîte de production ! Car on ne pouvait pas faire autrement, les scènes d’Alep étaient inéluctables pour le déroulement dramatique.

Citons par ailleurs le huitième volet de la série Bab Al-Hara, dont les scènes ont été tournées entre Damas et la Jordanie, et le feuilleton Etr Al-Cham (parfum de Damas) interprété par Salma Al-Masri et tourné par le réalisateur Mohamad Zoheir Ragab, dans la campagne syrienne.

Reste à mentionner la participation de presque toutes les stars syriennes cette année au marathon du drame télévisé ramadanesque. Citons, entre autres, Soulaf Fawakherji à travers la série Ahmar (rouge), Soulafa Mëmar et Ghassan Massoud dans Nebtedi Ménein Al-Hikaya (par où peut-on commencer l’histoire ?), Gamal Soleiman et Kenda Allouch dans Ahl Al-Gharam (les amoureux), et finalement, Suzanne Najmaldine dans Ayam La Tonsa (des jours inoubliables). Une belle présence syrienne contre vents et marées.

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