Mercredi, 26 juin 2024
Al-Ahram Hebdo > Arts >

Les jeunes francophones montent sur scène

May Sélim, Lundi, 28 mars 2016

La 13e édition du Festival international du théâtre scolaire et francophone d’Egypte (FESTIF), qui s’est tenue du 24 au 28 mars, vient de prendre fin. 21 spectacles joués par des étudiants francophones égyptiens, tunisiens et libanais témoignent de la vivacité de l’événement.

Les jeunes francophones montent sur scène
Un jeu fait d’humour et de déguisements dans Caméléons … avec S. (Photo :Bassam Al-Zoghby)

Pendant cinq jours consécutifs, les projecteurs étaient braqués sur les planches du théâtre de l’école Concordia où le Festival international du théâtre scolaire et francophone en Egypte avait lieu. La salle comble du théâtre a accueilli en majorité un jeune public. 21 pièces de théâtre ont été interprétées par les troupes scolaires des écoles francophones égyptiennes et arabes présentes à l’occasion de cette 13e édition du festival. Il s’agit d’une action culturelle mise en place par l’Institut français d’Egypte en 2002 et chapeautée depuis 2006 par l’Association ArtDrala pour les festivals de théâtre francophone. « Avec cette 13e édition, le festival gagne en envergure. Le nombre de participants a largement augmenté par rapport à celui des participants aux éditions qui ont suivi la révolution de 2011, où le festival accueillait moins d’une dizaine de spectacles. Depuis l’an dernier, le festival a connu un nouvel certain essor », souligne Mona Magdalany, proviseur du collège de la Mère de Dieu d’Alexandrie et directrice du festival.

Dans le but d’améliorer le processus de créativité des troupes de théâtre scolaire et francophone, un atelier a été organisé par l’Association ArtDrala avec des animateurs et des professeurs de langue française. « Cet atelier apprend aux professeurs de nouvelles techniques théâtrales », explique Marie Jo Nario de l’association. Et d’ajouter : « ArtDrala, en coordination avec ce festival et d’autres festivals internationaux, essaye de dynamiser la francophonie dans des pays qui ne sont pas francophones. Ce qui est remarquable dans ce festival est qu’il y a une sorte de vitalité au niveau du théâtre et au niveau de la langue. Quand on pratique le théâtre en français, il y a de multiples dimensions ».

Un autre atelier d’écriture a été animé par l’écrivain, journaliste et romancier français d’origine égyptienne Robert Solé, parrain du festival. Durant cet atelier, les jeunes ont exprimé leurs avis sur le cinéma et le théâtre.

Les soucis des jeunes mis en scène

Les jeunes francophones montent sur scène
3,2,1, les ados, c’est parti. (Photo :Bassam Al-Zoghby)

Comme le disait Victor Hugo : « Une pièce de théâtre, c’est quelqu’un. C’est une voix qui parle, c’est un esprit qui éclaire, c’est une conscience qui avertit ». Partant de ce concept, le festival s’est tenu dans le but de refléter les idées des jeunes étudiants francophones, de divertir et de faire admirer au public différentes formes d’art.

Fausse Rencontre est un spectacle donné par la troupe de l’école Franciscaine d’Ibrahimiya. Le spectacle met en question l’avenir d’un auteur qui manque d’inspiration. Il dévoile les soucis de sa carrière. Les acteurs en herbe s’interrogent alors sur la réalité face à la fiction. Le spectacle se caractérise par un jeu intéressant et un dialogue alternant entre français et anglais. Une musique rythmée et un chant final exprimant la morale de la pièce clôturent le spectacle accueilli par un tonnerre d’applaudissements.

Caméléons … avec S de l’école Saint Gabriel est un spectacle basé sur un jeu de déguisement et d’humour. Il traite le conflit éternel entre l’homme et la femme, surtout dans une société masculine. La pièce adopte la technique du théâtre dans le théâtre. Il s’agit d’un metteur en scène qui cherche de nouveaux talents pour ses pièces de théâtre. Pendant l’audition, il juge de façon très autoritaire les malheureux candidats exprimant une vision rétrograde des femmes. Pourtant, il finit par être dupé par deux comédiens qui interprètent les rôles de femmes séductrices. Il accepte alors de monter les spectacles d’Antigone et de Carmen, où la femme cherche sa liberté et sa force.

Le collège de la Mère de Dieu d’Alexandrie a donné 3,2,1, les ados, c’est parti. Une pièce qui explore les mystères du monde des ados : certains se sentent incompétents, pourquoi ? D’autres s’efforcent de garder leur équilibre, quels sont les obstacles auxquels ils sont confrontés ? Jusqu’où ils peuvent tenir ? La responsabilité des adultes dans la déstabilisation des ados est mise en lumière comme cause principale de la rébellion des adolescents. D’autres spectacles évoquent les problèmes et les droits de l’enfant et cherchent à lui apprendre à construire sa vie.

Ces jeunes étudiants francophones nous ont surpris par leurs spectacles. Ils ont réussi à soulever avec talent des questions qui touchent leur quotidien et leur avenir .

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique