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Un air arabe souffle sur le Festival de Louqsor

Yasser Moheb, Lundi, 25 janvier 2016

La 4e édition du Festival de Louqsor du cinéma arabe et européen se tient du 30 janvier au 5 février. 50 films de 30 pays seront projetés cette année. L’occasion de redécouvrir des cinémas de tous bords, loin des carcans traditionnels.

Un air arabe souffle sur le Festival de Louqsor
3000 nuits.
Clap de début d’une manifestation cinématographique qui fait peau neuve : le Festival de Louqsor du cinéma arabe et européen. Cette fête du cinéma commence samedi 30 janvier dans la ville historique de Louqsor, précisément au temple d’Hatchepsout, qui accueillera la cérémonie d’ouverture. Se voulant encore plus cosmopolite, s’adressant surtout au public du sud de l’Egypte, le festival a décidé cette année de changer de nom et de perspective. Il se dote d’une visée plus arabe, au lieu de rester sur des films égypto-égyptiens. « Nous trouvons ce changement de vision assez logique et plus fructueux aussi bien pour le public que pour les festivaliers. Car le cinéma arabe ne cesse de progresser et de prendre de l’ampleur. Nous voulons donc faire partager cette évolution avec le public de Louqsor et de ses alentours », a déclaré la nouvelle présidente du festival, Magda Maurice, lors d’une conférence de presse, tenue afin de présenter les détails de cette nouvelle édition.
Un air arabe souffle sur le Festival de Louqsor
Dans ce même esprit, le jury de la sélection officielle n’est pas présidé par un Européen comme de coutume, mais par le directeur égyptien de la photographie, Ramsès Marzouq. Le jury regroupe d’ailleurs parmi ses membres le comédien égyptien Ahmad Kamal, le critique italien Flavio de Fernandez, la comédienne libanaise Carmen Lebbos et l’écrivaine émiratie Nogoum Al-Ghanim.
Cette forte présence arabe se traduit également au niveau des films participants. Sera projeté, à titre d’exemple, le court métrage syrien Ebtassem Fa Anta Tamout (souris, tu es en train de mourir), relatant l’histoire d’un photographe traumatisé par les images de la guerre qui sévit dans sa patrie.
Le film d’ouverture, signé par la Palestinienne May Al-Masri, 3000 nuits, nous fait découvrir les conditions de vie en prison. Et ce, à travers l’histoire de Layal, une jeune Palestinienne détenue dans une prison israélienne hautement sécurisée. Derrière les barreaux, elle donne naissance à un bébé garçon. Luttant pour survivre et pour élever son nouveau-né, elle est tiraillée entre son instinct de mère et les décisions difficiles à prendre pour vivre en paix dans sa cellule. Elle trouve dans sa relation avec les autres prisonnières, palestiniennes et israéliennes, l’espace et le temps nécessaires pour réfléchir, s’assumer et devenir une vraie femme mûre. Le film regroupe sur son affiche les comédiennes Maïssa Abdel-Hadi, Nadera Oumran, Abir Haddad et Zais Qoda.
Le chemin libanais vers Daech
Un air arabe souffle sur le Festival de Louqsor
Al-Salamo Alayki ya Mariam (paix sur toi, Mariam).
Toujours du côté des moments forts, figure le court métrage palestinien, Al-Salamo Alayki ya Mariam (paix sur toi, Mariam), candidat du cinéma libanais à l’Oscar 2016. Notons également la projection tant attendue du film libano-suisse controversé, Al-Serat Al-Mostaqim (le droit chemin), l’un des premiers films arabes à traiter des combattants de Daech, dévoilant les crimes de ces derniers en Iraq, en Syrie ou ailleurs. Le film est réalisé par Fouad Alaywan et Ovidio Al-Hout.
Invité d’honneur de cette édition, le cinéma italien est passé en revue à travers un panorama spécial qui lui est consacré, projetant un nombre d’opus italiens classiques.
Côté hommage, cette édition est dédiée à la star égyptienne Lobna Abdel-Aziz, choisie également comme présidente d’honneur, et dont un bouquet de films sera présenté en marge de la compétition officielle. D’ailleurs, le festival rend également hommage à la comédienne égyptienne Poussy, pour l’ensemble de ses oeuvres, et au réalisateur koweïtien Amer Zoheir.
Une panoplie d’oeuvres sera aussi présentée en hommage aux cinéastes arabes Helmi Halim et Elias Moäddab, dont on fête les centenaires.
A l’autre bout de la palette se trouve l’aspect interactif visé cette année par la direction du festival. Un atelier pour l’art de la photographie sera tenu lors de cette cuvée, sous la houlette du célèbre chef de la photo égyptien, Saïd Chimi. Ce dernier partagera sa grande expérience à travers des cours de photographie offerts aux jeunes talents de Louqsor. Les projections-débats et les rencontres avec les artistes présents fourniront aussi de quoi élargir la culture cinématographique des habitants, qui auront droit à une belle dose de films venus de toutes parts .
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