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Dernier mot : Le Guantanamo israélien

Mercredi, 08 mai 2024

Enfin, de nombreuses voix ont commencé à réclamer la fermeture du camp de détention de Sidai Timan, dans lequel les autorités d’occupation israéliennes détiennent les Palestiniens arrêtés à Gaza depuis le début de la guerre en octobre dernier.

Je me tiendrai ici aux seules sources israéliennes pour décrire ce qui se passe dans ce camp. L’Organisation israélienne des droits civils a récemment envoyé un mémorandum aux autorités militaires israéliennes exigeant la nécessité de fermer le camp où sont exercées, selon elle, des tortures illégales, et où les conditions de détention représentent une violation des droits des détenus à la sécurité physique et à la préservation de leur vie. Pour sa part, l’Organisation israélienne des droits de l’homme a publié un rapport sur le camp qui comprend les témoignages de rares détenus qui ont été libérés et qui étaient tous dans un piteux état, ainsi que les témoignages de médecins qui ont été convoqués au camp. Le rapport a exigé la nécessité de fermer le camp et d’envoyer les détenus au plus vite aux hôpitaux pour recevoir des soins urgents. L’organisation a pointé du doigt le ministère israélien de la Santé, expliquant que les directives émises par lui autorisent des violations flagrantes de l’éthique médicale, notamment la torture et les traitements inhumains. Le Comité général de la lutte contre la torture en Israël a également publié plusieurs rapports au cours des deux dernières semaines, mettant en garde contre ce qui se passe dans le camp, décrit par les membres du comité Tina Permans et Tamar Lavie, dans le journal Haaretz, comme le camp israélien de Guantanamo. Les autorités d’occupation entourent le camp par un secret extrême et n’annoncent ni le nombre de détenus qui s’y trouvent ni leurs noms. On estime qu’ils se comptent par centaines. Certains sont des membres de « l’élite » du Hamas, alors que d’autres sont de simples civils de Gaza. Il ne leur est pas adressé d’accusations spécifiques. Ils ne sont pas autorisés à recourir à des avocats, ni à rencontrer des représentants de la Croix-Rouge. Haaretz a publié le mois dernier que 27 détenus avaient trouvé la mort à l’intérieur du camp et que les autorités militaires avaient refusé de révéler les circonstances de leur mort, comme ce fut le cas pour deux détenus qui ont subi l’amputation de leurs jambes, il y a quelques jours, à la suite de torture barbare. Ce sont là des cas criant au visage des organisations internationales de défense des droits de l’homme qui ont de tout temps adressé leurs accusations aux seuls pays du tiers-mond.

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