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Dernier mot : La santé et l’enseignement

Mercredi, 02 août 2023

Selon de récentes déclarations du ministre des Finances, Mohamad Maeit, le gouvernement a rempli l’exigence constitutionnelle relative aux dépenses de la santé et de l’éducation dans son budget de l’exercice en cours. Je pense que c’est la première fois que le gouvernement parvient à le faire.

Il a alloué, selon les propos du ministre, 397 milliards de L.E. à la santé et 791,5 milliards à l’enseignement et à la recherche scientifique. Bien que 10 ans se soient écoulés depuis l’entrée en vigueur de la Constitution, tous les gouvernements qui se sont succédé depuis son adoption en janvier 2014 ont été incapables de respecter les pourcentages requis par la Constitution en ce qui concerne les budgets de la santé et de l’éducation. L’article 18 stipule que « l’Etat s’engage à allouer à la santé un pourcentage d’au moins 3 % du PNB, qui augmente progressivement jusqu’à atteindre les taux mondiaux ». L’article 19 stipule que l’Etat s’engage à allouer un pourcentage d’au moins 4 % du PNB à l’éducation, tandis que l’article 20 consacre 2 % à l’enseignement supérieur et l’article 21 consacre 1 % à la recherche scientifique. Ceci signifie que les dépenses publiques en matière de santé et d’éducation ne doivent pas être inférieures à 10 % du PNB. Au moment de la rédaction de la Constitution, le premier ministre était Hazem Al-Beblawi. Dès que les journaux avaient publié ces chiffres requis par le Comité des 50 qui rédigeait la Constitution, Al-Beblawi a contacté le président du comité, Amr Moussa, et lui a demandé de réviser cette décision, car le pourcentage de 10 % était très élevé, compte tenu des conditions économiques dans lesquelles se trouvait le pays. Aucun gouvernement ne serait en mesure de le respecter. Amr Moussa a soumis la question au Comité des 50, où elle a été longuement discutée. L’opinion dominante était que les Constitutions ne sont pas fabriquées sur mesure, selon les conjonctures, mais qu’elles aspirent à ce qui doit être fait. Le comité a estimé que le taux de 10 % est bien en dessous du minimum international reconnu et que l’Etat doit s’efforcer de parvenir à ce chiffre. Le comité est donc resté attaché à ce pourcentage en donnant au gouvernement un délai de 3 ans pour l’atteindre. La pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine sont-elles la raison pour laquelle le délai a été prolongé à 10 ans ? Peut-être.

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