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Dernier mot : Le Prix Magda Saleh

Mercredi, 21 juin 2023

En 2018, Magda Saleh m’a contacté pour me dire que le théâtre de New York allait lui rendre hommage pour l’ensemble de son oeuvre et qu’elle serait ravie que je puisse y assister.

Je lui avais alors exprimé mon intention d’être parmi les invités non seulement en raison de l’amitié familiale qui nous unit, mais également pour la fierté que cet hommage m’apporterait en tant qu’Egyptien. Magda Saleh était la première artiste égyptienne à se voir attribuer cet hommage.

La semaine dernière, Magda Saleh s’est éteinte à sa résidence familiale cairote. Certains lecteurs ne savent peut-être pas qui est Magda Saleh, car elle n’est ni héroïne de séries télévisées, ni joueuse de football. Elle est la première ballerine égyptienne diplômée de la prestigieuse école russe Bolchoï. Elle a performé dans un grand nombre de ballets internationaux au sein de la première troupe de ballet égyptienne. Et ce, après la création de l’Institut supérieur de ballet dans lequel elle a été professeure et a formé génération après génération de danseurs et danseuses. Je me souviens de sa performance géniale, dans laquelle elle volait comme un papillon en jouant le rôle de Maria dans le ballet de La Fontaine de Bakhtchissaraï, inspiré par le poème du grand poète russe Alexander Pushkin. Ce fut en 1966 à l’ancien Opéra du Caire lors de la première représentation de la troupe de ballet égyptienne.

Magda Saleh a joui d’une renommée internationale en tant que première ballerine égyptienne. Elle a joué aux théâtres de Moscou, Londres, Paris, Belgrade et autres. Après l’incendie de l’ancien Opéra en 1971, Magda a été la première directrice artistique du nouvel Opéra. Dans les années 1990, elle a pris sa retraite et s’est rendue à New York où elle a rencontré le grand historien de l’art Jack Josephson, qui l’a aimée et épousée. Il était expert de la sculpture égyptienne ancienne. Il répétait toujours que Magda était la plus belle oeuvre d’art égyptienne qu’il avait jamais vue. Après son décès l’année dernière, Magda est revenue au Caire, triste, pour connaître le même sort un an après.

Après une vie riche en contributions pour son pays et l’art du ballet égyptien, auquel elle a donné naissance au milieu du siècle dernier, j’appelle la ministre de la Culture, Névine Al-Kilani, qui est familière avec l’art du ballet, de créer un prix au nom de Magda Saleh, qui serait le premier du genre. Ce prix est la moindre des choses que nous lui devions.

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