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Dernier mot : Botero et Abou-Gharib

Mercredi, 31 mai 2023

Fernando Botero, d’origine colombienne, est un artiste de renommée mondiale.

Après la mort de Picasso, Jackson Pollock, Mondrian, Salvador Dali, Francis Bacon, De Kooning et d’autres, Botero s’est trouvé à l’avant-garde des artistes internationaux avec ses peintures et sculptures spéciales, qui sont devenues connues sous le nom de « Boterismo ». Son style proche de la caricature exagérée, se distingue par des personnages marqués par leur obésité. Bien que Botero soit âgé de 91 ans, il est toujours préoccupé par les questions de l’humanité, surtout l’abus de pouvoir politique et l’oppression de l’homme. A l’occasion du 20e anniversaire de l’invasion américaine de l’Iraq, Botero a inauguré une nouvelle exposition qui comprend 50 peintures, sur un ensemble de 170, inspirées par les atrocités commises par les soldats de l’occupation américaine dans la prison d’Abou- Gharib. L’exposition s’est tenue au Palazzo Venezia, en Italie, l’ancienne résidence du dictateur italien Benito Mussolini, maintenant devenue un centre culturel comprenant des salles d’exposition artistique. L’exposition fera un tour en Europe avant de rendre aux Etats- Unis l’année prochaine. Dans cette exposition, Botero exprime sa colère face à la torture qui a eu lieu dans la prison d’Abou-Gharib aux mains des occupants américains qui visaient à humilier et à briser la volonté du peuple iraqien. Botero a déclaré qu’il n’avait pas conçu ses peintures à partir des images publiées de la torture d’Abou-Gharib, mais qu’il s’était inspiré des témoignages des prisonniers eux-mêmes. L’une des peintures représente un prisonnier nu, les yeux bandés et les mains écartées sur les barreaux de la prison, comme s’il ressemblait au Christ crucifié. Et pour continuer à l’humilier, les soldats ont mis sur sa tête, au lieu d’une couronne de laurier, un caleçon de femme. Une autre peinture représente l’abus sexuel d’un prisonnier. Si les peintures des artistes sont exposées pour être vendues, Botero, en tant qu’artiste, dit que la tenue de ces expositions n’est pas commerciale. A son sens, mettre de tels tableaux à l’intérieur des maisons les cache de l’exposition publique et, du coup, neutralise leur effet.

Toutes mes salutations à l’artiste international qui s’engage pour les causes de l’humanité. Des causes qui sont souillées tous les jours par un nombre non négligeable d’artistes qui leur font peu de cas.

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