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Dernier mot : Roland Lombardi

Mercredi, 08 février 2023

Roland Lombardi est l’invité d’honneur de la 54e édition de la Foire internationale du livre du Caire.

Lombardi est professeur d’histoire moderne à l’Université de Marseille. Il est l’auteur du premier livre publié à l’étranger sur le président Abdel-Fattah Al-Sissi, « Abdel-Fattah Al-Sissi, le Bonaparte égyptien : ses ambitions pour l’Egypte, ses alliés, ses ennemis et sa vision pour la région ». Ce livre vient de paraître il y a quelques jours en France.

Napoléon avait de grandes ambitions pour son pays et il était le fondateur de l’Etat moderne en France. Je lui ai demandé ce qui l’avait incité à rédiger ce livre et il a dit qu’en tant que spécialiste des affaires du Moyen-Orient, il avait vu qu’il possédait une compréhension réaliste des événements qui se jouent dans la région arabe, particuliérement en Egypte, au coeur de la région. Il a ajouté qu’il avait réalisé que sa compréhension différait de la vision des analystes français qui se déplacent entre l’Egypte, la Tunisie et la Syrie. « J’ai eu l’occasion de suivre de près l’ascension des Frères en Egypte, ainsi que la révolution du peuple qui s’est retourné contre eux le 30 juin 2013 », a-til renchéri. « A l’époque, j’ai lu un article que vous avez signé dans lequel vous avez dit que le salut émanerait de l’armée et que Sissi était qualifié à prendre les rênes du pouvoir du pays. Vos prévisions se sont avérées correctes », lui ai-je dit. Ensuite, je lui ai demandé comment il évalue le rôle du président durant les 10 dernières années. Il m’a dit qu’il s’agit d’un rôle axial à l’intérieur du pays comme dans la région arabe, en Afrique et sur la scène internationale. A l’intérieur du pays, il a adopté une politique de réformes qui, à son sens, sont révolutionnaires et sans précédent. Lombardi a vu que le président égyptien avait réussi à faire face à un double danger, que personne d’autre n’a pu approcher, celui de la corruption et de l’islam politique. Il a estimé que son affrontement était décisif dans les deux dossiers. Lombardi a poursuivi qu’à l’époque de Sissi, l’Egypte a joué un rôle vital en politique étrangère et est devenue, après des années de repli sur soi, une partie prenante de toutes les causes régionales, de la Libye au Yémen, jusqu’à la Syrie. « Dans leurs affrontements sanglants, les Palestiniens et les Israéliens sont parvenus à un cessez-le-feu grâce aux efforts du président égyptien », analyse l’écrivain. Et de conclure que pour mieux évaluer le rôle du président Abdel-Fattah Al-Sissi, il faut imaginer la situation s’il n’était pas au pouvoir. En premier, l’Egypte se serait transformée en un Etat religieux ou bien elle se serait empêtrée dans une guerre civile, comme l’Algérie en 1986 ; ou elle se serait déchirée comme la Libye.

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