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DERNIER MOT : L’intimidation de la Palestine

Mercredi, 31 août 2022

J’exprime ma gratitude à mon cher ami, le ministre Ahmad Aboul-Gheit, secrétaire général de la Ligue arabe, qui est encore capable, au milieu de l’humiliation arabe actuelle et de la précipitation de certains gouvernements arabes à normaliser leurs relations avec Israël, de faire immédiatement face aux tentatives de sous-estimer la tragédie palestinienne et d’affronter l’insistance permanente d’Israël et de ses agents en Occident à la marginaliser. Il y a quelques jours, au cours de la visite du président palestinien, Mahmoud Abbas, en Allemagne, un journaliste lui a demandé s’il était prêt à s’excuser pour l’attaque contre les athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich par l’organisation terroriste du Septembre noir il y a près d’un demi-siècle, dans le contexte de l’holocauste dont ont été victimes les juifs par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Abbas a répondu avec colère qu’Israël avait commis 50 massacres d’holocauste contre les Palestiniens depuis la Nakba de 1948. De là a commencé le problème. Comment Abbas ose-t-il comparer ce qu’a subi le peuple élu de Dieu à ce que les Palestiniens sont soumis ?

Les lobbys juifs en Allemagne, dirigés par Israël, ont considéré que la déclaration de Abbas était un déni de l’holocauste et de sa particularité. Et bien que le président palestinien ait clairement indiqué qu’il ne niait pas l’holocauste, mais le considérait comme le crime le plus terrible de l’Histoire moderne, la campagne ne s’est pas arrêtée. Certaines voix en Israël ont même commencé à accuser ceux qui alimentent la crise de l’exploiter à des fins électorales. La seule voix qui s’est élevée dans le monde arabe pour mettre les choses à leur juste place, refusant la marginalisation de la tragédie du peuple palestinien à cause de l’holocauste juif, est sortie de la Ligue arabe au Caire. Celle-ci a immédiatement publié une déclaration ferme contre ce qu’elle a appelé la campagne allemande d’intimidation contre la Palestine et son président, disant que les réactions allemandes sont allées trop loin d’une manière sans précédent, sans aucune justification convaincante ou rationnelle, diabolisant les Palestiniens et sous-estimant leur énorme souffrance pendant des décennies, comme si les réalités s’étaient inversées, transformant la victime en coupable et le vrai coupable, qui est l’occupation israélienne, en victime. Cette position de principe adoptée par la Ligue arabe confirme qu’elle reste attachée aux constantes arabes qui expriment les vérités fermement établies dans la conscience arabe, malgré l’entente officielle apparente avec l’occupant israélien.

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