Vendredi, 14 juin 2024
Opinion > Opinion >

Dr Al-Eriane, merci pour votre lucidité !

Lundi, 03 décembre 2012

Nous devons reconnaître que Dr Essam Al-Eriane, vice-président du parti de « la dictature et de la lâcheté », a éclairé notre lanterne. Il nous a donné une définition correcte de la deuxième révolution que connaît l’Egypte aujourd’hui et qui ne diffère pas tellement de celle de janvier 2011. Et ce, en avançant des preuves irréfutables que l’ex-candidat à la présidentielle, Ahmad Chafiq, est celui qui incite des foules de millions de personnes à sortir manifester leur colère, depuis mardi dernier, à travers tout le pays pour appeler à la démocratie. Ces mêmes foules brandissent le même slogan que celui de janvier 2011 scandant : « Le peuple veut renverser le régime ! Dégage, dégage ! ».
Al-Eriane ne nous a pas dit comment Ahmad Chafiq a réussi à faire sortir ces millions de personnes depuis sa résidence aux Emirats arabes unis.
Est-ce en leur distribuant des bouteilles d’huile, des sacs de farine et de sucre ? Ou bien en affirmant aux gens modestes que, s’ils ne manifestent pas, ils iront en enfer ? Tels sont les instruments électoraux reconnus à l’échelle internationale dans n’importe quelle société démocratique ! Nous avons vu les femmes dans les récentes élections américaines se diriger de New York à San Francisco, transportant de l’huile, de la farine et du sucre : des indices d’une vraie démocratie ! Nous avons également vu les citoyens du Midi de la France en train de mobiliser les foules dans des autobus loués par Khaïrat Al-Chater (l’adjoint du guide spirituel des Frères musulmans). En voyant cette scène, nous avons su immédiatement que la France était, sans conteste, un pays démocratique.
La nouveauté dans la deuxième révolution de l’Egypte — et nous sommes tout à fait d’accord avec Al-Eriane — est qu’elle n’est pas celle du peuple égyptien, mais celle d’Ahmad Chafiq qui a donné ses ordres à partir des Emirats. Le vice-président du parti de « la dictature et de la lâcheté », en essayant d’apporter plus d’éclaircissements à ses propos, avance que l’outil de Chafiq en Egypte est le Parti national démocrate, qui a été dissous mais qui demeure actif selon les dires du Dr Al-Eriane.
Le nombre de ceux qui sont sortis lors de cette deuxième révolution se chiffre en millions, car tout le monde sait parfaitement bien que l’ex-président avait des centaines de milliers de veuves et des dizaines de millions d’orphelins ! Mais les sympathisants de la confrérie et de son aile politique, représenté par son parti qui a hérité le pouvoir de Hosni Moubarak et de son parti, sont de loin plus nombreux parce que le mariage, chez eux, commence à partir de 9 ans. Alors que Suzanne Moubarak interdisait formellement le mariage des mineures en dessous de l’âge prescrit par la loi, en raison de la défense des droits de la femme.
Ainsi, il paraît que la deuxième révolution que connaît l’Egypte aujourd’hui est « montée de toutes pièces », comme la qualifie le vice-président du parti de « la dictature et de la lâcheté ». Par conséquent, les Frères ne vont lui accorder aucun intérêt parce qu’elle n’exprime pas les souhaits des différentes catégories du peuple, qui sont sorties place Tahrir contestant une atteinte à la légitimité et à la constitutionnalité.
Ceux qui représentent le peuple sont sans nul doute les Frères musulmans qui se sont dirigés vers le palais présidentiel d’Al-Ittihadiya pour soutenir Morsi, qui veut protéger toutes ses décisions actuelles et ultérieures contre d’éventuels appels devant la justice. Dans cet ordre d’idées, la deuxième révolution a été fomentée contre le peuple. Al-Eriane a également dit que les événements de la place Tahrir étaient « des illusions de personnes qui veulent porter à tort l’habit du commandement ». Et sur ce point, je suis tout à fait d’accord avec le vice-président du parti de « la dictature et de la lâcheté », qui a dit que les dirigeants du Front du salut attendu longtemps étaient de vrais leaders. Qui a dit que Amr Moussa, que Dr Mohamed ElBaradei et Hamdine Sabbahi n’ont pas de poids dans la rue ? Les foules les ont entourés place Tahrir, sur ordre d’Ahmad Chafiq, qui entretient des liens d’amitié avec Mohamed ElBaradei depuis l’ère de Moubarak ! Il est également un grand ami d’Amr Moussa, depuis qu’il fut son rival aux élections et qu’il a essayé de diviser son front, ce qui a abouti en fin de compte à une victoire des Frères. Quant à Hamdine Sabbahi, il a été élevé par Chafiq, qui lui a appris comment aimer l’ancien régime et lui a inculqué que le président Moubarak était son idéal.
Grand merci au Dr Al-Eriane qui nous a apporté ces éclaircissements. Il nous a dévoilé les noms des personnes qui nous incitent à descendre à Tahrir. Il est de notre droit maintenant de réclamer que les meilleurs types d’huile, de farine et de sucre nous proviennent des Emirats arabes.
Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique