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Elections parlementaires

Mardi, 30 décembre 2014

Le président de la République a ratifié la loi du découpage élec­toral en prévision des prochaines élections parlemen­taires. Avec cette loi nous avan­çons vers la dernière étape de la feuille de route, relative à l’édifi­cation des institutions de l’Etat. Cette démarche importante aide­ra beaucoup l’Egypte sur les deux plans intérieur et extérieur. D’abord sur le plan intérieur, le nouveau Parlement assumera son rôle naturel de pouvoir légis­latif et sera également chargé de la formation du nouveau gouver­nement en coopération avec le président de la République. Dans un délai de 15 jours, il lui faudra réviser toutes les lois qui ont été promulguées par le pouvoir exé­cutif depuis la dissolution de l’ancien Parlement. Sur le plan extérieur, l’élection du nouveau Parlement mettra un terme aux critiques visant le président de la République, lequel jusqu’ici cumule les pouvoirs exécutif et législatif, un président égale­ment accusé d’ajourner inten­tionnellement les élections parle­mentaires pour « monopoliser » le pouvoir législatif.

Malgré ces côtés positifs, de nombreux dirigeants politiques se sont opposés à la loi du découpage électoral. Certains protestent contre la loi qui sti­pule l’organisation des élections conformément au système mixte où 20 % des futurs députés seront élus en fonction du scru­tin de liste et 80 % en fonction du scrutin uninominal. Cependant, cette répartition a été discutée à la lumière de la Constitution. Selon celle-ci, l’or­ganisation des élections législa­tives se fait selon l’un des deux systèmes (de liste ou uninomi­nal) ou selon un système mixte sans préciser les modalités. D’autres critiques sont même allées jusqu’à prétendre que la liste absolue ne tient pas compte de près de la moitié des voix et prive les partis politiques d’avoir des représentants au Parlement. En fait, le recours au système de la liste absolue est destiné à per­mettre de représenter certaines catégories de la société comme les jeunes, les femmes, les coptes, les handicapés et les Egyptiens vivant à l’étranger. Ceci n’est possible qu’à travers la liste absolue. Quant à ceux qui disent que le système de la liste absolue gaspille la moitié des voix, étant donné que la liste qui obtient 50 % + 1 des voix rafle tous les sièges alors que la liste qui obtient moins de 50 % n’a aucun siège, je ferai remarquer qu’il en est de même pour le scrutin uninominal : Le candidat qui obtient 50 % +1 des voix gagne un siège, alors celui qui obtient un taux inférieur des votes n’a rien.

La polémique, dans laquelle se sont engagés les leaders de cer­tains partis politiques autour de la loi du découpage électoral, est une polémique stérile. Les partis feraient mieux de se préparer pour ces élections et de concen­trer leurs efforts sur la création de larges coalitions. Ils ne doi­vent pas trop s’arrêter aux listes qui ne représentent que 20 % des sièges, soit 120 sièges dont 78 seront accordés aux catégories sociales marginalisées susmen­tionnées.

Les partis politiques commet­tent un crime envers l’Egypte et envers la révolution du 30 juin en s’engageant dans un conflit autour de 42 sièges tout en négli­geant les 420 sièges qui méritent leur coordination. Cependant, ces partis sont parfaitement conscients que le prochain Parlement est le plus critique dans l’histoire contemporaine de l’Egypte : non seulement il annoncera la mise en place de la dernière étape de la feuille de route annoncée le 3 juillet 2013, mais il sera doté de pouvoirs sans précédent dont la révision de toutes les lois promulguées depuis la dissolution de l’ancien Parlement, la formation du nou­veau gouvernement en consulta­tion avec le président de la République qu’il aidera dans la concrétisation de sa vision et de son programme.

L’incapacité des partis poli­tiques de parvenir à une entente et de coordonner leurs efforts sera sans doute exploitée par les candidats indépendants issus de l’ex-Parti national démocrate de Hosni Moubarak. Bien enracinés en Haute-Egypte comme dans le Delta, ces derniers peuvent faci­lement former un bloc important au sein du nouveau Parlement et avoir le dernier mot dans la for­mation du nouveau gouverne­ment. Ce serait dommage de reproduire le schéma d’un parti unique hostile au processus démocratique .

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