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Evitons la mauvaise expérience

Lundi, 26 novembre 2012

Prolonger de deux mois le travail de l’assemblée constituante tout en immunisant cette assemblée ainsi que le Conseil consultatif (Sénat) contre tout verdict visant leur dissolution sont des décisions tout à fait justes.

De plus, considérer les victimes et les blessés des événements de Maspero, de Mohamad Mahmoud, du Conseil des ministres, de Abbassiya, de Port-Saïd et autres comme les martyrs et blessés de la révolution comme méritant des pensions exceptionnelles est une décision réjouissante pour tous. Cependant, il demeure un point noir dans les nouvelles décisions adoptées par le président de la République, jeudi dernier : il s’agit de l’immunité de ses décisions et de la réactivation de l’article 74 de la Constitution de 1971.

En effet, la décision d’instaurer l’immunité contre tout verdict de dissolution aurait dû être promulguée depuis longtemps en ce qui concerne l’Assemblée du peuple.

Par la dissolution de cette dernière, nous avons effectivement perdu un conseil formé par les élections les plus intègres de l’histoire de l’Egypte. De la sorte, nous ne possédons plus de pouvoir législatif. Dans cette situation critique, la dissolution de l’assemblée constituante engendrerait l’ajournement de la rédaction de la Constitution. De plus, la dissolution du Conseil consultatif constituerait un coup mortel à la marche de la reconstruction du pays.

Comment l’Etat peut-il fonctionner sans institutions parlementaires élues ? Comment le président peut-il exercer ses fonctions sans un Parlement qui émette les lois nécessaires, un Parlement qu’il puisse consulter et lui présenter les propositions qui réalisent les ambitions du peuple qui l’a élu ? Le pouvoir dans ce cas se retrouverait boiteux.

Partant, ceux qui insistent sur le fait d’aller de l’avant dans le plan de destruction graduelle des institutions élues n’ont d’autre objectif que de renverser le pouvoir du Parti Liberté et justice avec des outils juridiques, loin des procédés politiques connus comme les urnes par exemple.

Le paradoxe décevant dans les dernières décisions du président Morsi est que l’article 6 de la nouvelle déclaration constitutionnelle stipule que : « Si survient un danger qui menace la révolution du 25 janvier, la vie de la nation, l’unité nationale, la sécurité du pays ou les institutions de l’Etat et leurs travaux, il devient du droit du président de la République de prendre les mesures et les procédures nécessaires pour faire face à ce danger selon la loi ».

Cet article à quelques détails près est le même que l’article 74 de la Constitution de 1971 sur lequel s’est basé le président Sadate dans les incidents du 5 septembre 1981.

Les événements qui ont mené à l’arrestation de plus de 1 500 personnes et qui se sont terminés par son assassinat.

Entamons-nous une série de vagues violentes contre les directions des courants démocratiques et laïques, des procédures qui contredisent radicalement les principes les plus simples de toute révolution ?

Espérons que la situation sera tout autre, car il s’agit d’une première dans l’ère de la révolution qui ancre le principe du despotisme et de la dictature.

Dans ce contexte, il serait préférable d’éliminer cet article de mauvaise réputation dans l’histoire égyptienne de la nouvelle déclaration constitutionnelle promulguée jeudi dernier. Il serait préférable aussi d’éliminer l’article relatif à l’immunité de toutes les décisions promulguées par le président depuis son accession au pouvoir au début du mois de juillet dernier. Cette immunité n’a aucun équivalent dans les pays du monde.

Il est clair que la popularité des courants islamiques religieux connaît actuellement une forte secousse.

La mauvaise conjoncture économique, la hausse du chômage, le déficit budgétaire, la flambée des prix et la baisse des revenus ont étouffé les citoyens. Ils ont perdu tout espoir en l’islam politique.

Dans ces conjonctures, les courants de l’islam politique se trouvent dans une grave crise.

La solution n’aura pas lieu par des procédures politiques mais par le travail pour relancer la roue de l’économie, absorber le chômage et assurer des revenus qui permettent l’amélioration des niveaux de vie. Sinon le citoyen ne ressentira aucun avantage à l’ascension au pouvoir du courant de l’islam politique.

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