Samedi, 18 mai 2024
Opinion > Opinion >

Edito : Pourquoi Israël a perdu à Gaza

Al-Ahram Hebdo, Mardi, 05 août 2014

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, l’a dit clairement: l’offensive sur Gaza se poursuivra tant que cela sera « nécessaire ». Depuis le 8 juillet, date du début de l’offensive « Bordure protectrice », celle-ci a déjà fait quelque 1700 morts et près de 9000 blessés, dont une immense majorité de civils (83%) selon l’Onu. Des chiffres provisoires qui pourraient encore s’alourdir. Toujours selon l’Onu, 30% des victimes civiles sont des enfants. Le bilan des destructions est énorme. Des centaines de maisons, de mosquées et d’hôpitaux ont été rasées par l’armée israélienne et des milliers de Gazaouis sont désormais sans abri.

Qu’est-ce que l’offensive sur Gaza a-t-elle rapporté à Israël ? Contrairement à ce que pensent les dirigeants israéliens, pas grand-chose. Au cours des 6 dernières années, Tsahal a lancé 2 offensives sur Gaza, « Plomb durci » en 2008, et « Pilier de défense » en 2012, avec les mêmes objectifs, à savoir éliminer les tunnels souterrains et affaiblir le Hamas. Mais à chaque fois, le résultat a été une détérioration de l’image d’Israël au sein de l’opinion publique internationale, alors qu’aucun des objectifs poursuivis par l’Etat hébreu n’a été réalisé. A chaque fois, le Hamas s’est réarmé et les tunnels ont été construits. On se souvient encore du fameux rapport Goldstone commandé par le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies et qui avait conclu, en examinant une série d’événements survenus pendant l’opération Plomb durci, à de possibles crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, de la part de l’armée israélienne. Cette fois-ci encore, Israël se retrouve pris au piège à Gaza. S’il gagne la bataille militaire grâce à son impitoyable machine de guerre, il perd la bataille morale et politique. Jamais n’avait-on assisté à un mouvement de mobilisation d’une telle ampleur dans le monde en faveur des Palestiniens. Dans les grandes capitales européennes, Paris, Londres, Vienne et Amsterdam, on a vu d’importantes manifestations de soutien aux Palestiniens. Même chose en Amérique Latine. Des manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade d’Israël à Santiago, au Chili, brandissant des photos d’enfants palestiniens tués dans l’offensive de Tsahal. Même aux Etats-Unis, des manifestations ont eu lieu un peu partout, notamment à New-York, Las Vegas et Chicago, pour protester contre la mort d’innocents à Gaza. Sur les réseaux sociaux, les images d’enfants palestiniens déchiquetés par les bombardements israéliens circulent.

Alors que la paix dans la région semble plus lointaine que jamais, l’idée de la création d’un Etat palestinien apparaît paradoxalement comme la seule solution à l’horizon. Et on pourrait se poser la question: quel est aujourd’hui l’avenir des jeunes de Gaza? Ont-ils d’autres choix que de prendre les armes et se révolter contre un avenir plus sombre que jamais ?

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique