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Les investissements, entre stabilité et confiance

Mardi, 30 octobre 2012

Les aides financières étrangères, octroyées à l’Egypte, au lendemain de la révolution du 25 janvier 2011, sont venues en deçà de toutes les prévisions, qu’il s’agisse de celles qui ont fait l’objet d’une propagande par le courant de l’islam politique durant l’élection présidentielle ou celles dont parlent les économistes indépendants.

Nombreuses ont été les informations qui ont circulé sur la disposition de certaines institutions financières internationales à procurer « une série d’aides » à l’Egypte, une fois la stabilité rétablie après l’élection présidentielle.

Certains journaux étrangers affirment que ces institutions financières avaient effectivement prévu de donner des sommes déterminées à l’Egypte, une fois la stabilité rétablie. Certains candidats à la présidence ont promis aux Egyptiens des aides étrangères par milliards. Le président Morsi avait, par exemple, parlé d’un don de 200 milliards de dollars destiné à financer son fameux projet d’Al-Nahda (la renaissance), sur lequel il avait basé sa campagne électorale.

Lors d’une récente tournée en Italie, un grand investisseur a discuté de la situation économique en Egypte. D’après lui, le gouvernement veut donner l’impression que la stabilité est rétablie en Egypte, alors que ce qui importe pour les investisseurs c’est la confiance. Or, il y a, selon lui, des sociétés stables qui n’inspirent pas confiance, et qui provoquent la fuite des investissements. Et au contraire, il existe des sociétés qui ne sont pas totalement stables, mais leur adoption de politiques économiques saines laisse à supposer qu’elles représenteront un climat favorable aux investissements.

Nous savons par le biais des organismes qui travaillent dans les investissements à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Egypte que l’état de l’économie égyptienne laisse à penser qu’elle est instable. Personne ne sait exactement, vers où se dirige le pays sur le plan économique. Poursuivra-t-il sa politique basée sur l’économie de marché adoptée par l’ancien régime ? Ou bien imposera-t-il certaines contraintes afin d’établir la justice sociale, une des revendications de la révolution ? Ou bien encore imposera-t-il davantage d’impôts ?

Les déclarations du premier ministre montrent clairement une volonté d’adopter l’économie de libre marché encourageant l’investissement. Tandis que les déclarations du président Morsi mettant en garde certaines familles qui monopolisent des secteurs d’activité ont entraîné une chute de l’indice boursier de 8 milliards de L.E. d’un seul coup.

Naturellement, chaque gouvernement a le droit de poursuivre ceux qui ne paient pas leurs impôts. Il a également le droit d’empêcher le monopole. Mais ceci ne se fait pas à travers des déclarations dans la presse, mais à travers des politiques complémentaires. De cette manière, on peut couper la route à toute décision anarchique ou fruit d’une inspiration du moment. En effet, cette anarchie accroît le sentiment de manque de confiance dans les milieux économiques.

Le fait de reconnaître l’existence de la fraude fiscale ou le monopole est en soi un phénomène positif. Mais le gouvernement est appelé au même titre à reconnaître tous les autres obstacles qui se dressent face aux investissements et à déterminer une vision claire pour y remédier dans un cadre politique bien déterminé et préalablement connu.

En réalité, tous les problèmes dont souffrent les citoyens et les investisseurs sont directement liés au quotidien, comme le problème des transports qui retarde non seulement les marchandises, mais également le transfert des individus ainsi que les coupures d’électricité ou d’eau qui ont des effets néfastes sur les usines, les compagnies et les différents organismes de production.

Quant à l’obstacle majeur auquel font face les citoyens et les investisseurs à la fois, c’est la bureaucratie gouvernementale qui est la cause essentielle de la fuite du capital. D’ailleurs, rien ne semble indiquer que les gouvernements de la période post-révolutionnaire ont déployé des progrès sensibles à ce niveau.

Il faut noter qu’en dépit des innombrables obstacles, l’Egypte compte de nombreux atouts comme la main-d’œuvre bon marché et l’emplacement géographique privilégié, l’Egypte se trouvant au carrefour de 3 continents : l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Un privilège qui n’est pas encore exploité comme il se doit pour attirer les investissements étrangers. La main-d’œuvre doit être mieux formée et il faut créer des lignes de transports directs. Car, en effet, pour atterrir dans certains Etats Africains, le voyageur se trouve parfois obligé de le faire via l’Europe.

La question n’est donc pas la stabilité uniquement. Il s’agit avant tout d’avoir confiance en l’économie égyptienne. Ceci ne peut avoir lieu sans reconnaître les problèmes structurels qui affectent la croissance économique, même en l’absence d’investissement.

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