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Le Liban et l’art

Lundi, 05 mai 2014

Il ne faut pas qu’un « navet » devienne sujet d'une grave discorde entre les vétérans égyptiens et libanais des arts, au point d’échanger des injures dans la presse et à la télévision. N’oublions pas qu’il fut un temps où l’art égyptien et l’art libanais étaient les plus belles vitrines du monde arabe des arts.

Les Egyptiens connaissent bien la valeur et l’histoire de l’art, des lettres et de la création au Liban. Des dizaines, voire des centaines d’artistes et d’écrivains libanais, se sont frayé une voie vers le monde des arts via Le Caire. Dans la presse, il y avait à titre d’exemple la famille Takla, propriétaire de la prestigieuse fondation de presse Al-Ahram. Au théâtre, il y avait Georges Abyad et Dawlat Abyad, dans le monde de la chanson, il y avait Fayrouz, Al-Rahbaniya, Wadie Al-Safi, Sabah et Magda Al-Roumi. Dans le monde des lettres, il y avait Jubran Khalil Jubran, Khalil Motran, Mikhaël Naïma, Nizar Qabbani, Eliya Abou-Madi, Omar Abou-Richa, Adonis, Georges Guerdak, Mohamad Chamseddine, Chawqi Bazië, Joseph Harb, May Ziyada, Ghada Al-Seman, Colette Khoury. Au cinéma, il y avait Youssef Chahine, Al-Naboulsi et Bichara Wakim. Personne ne peut ignorer l’apport de l’art libanais dans la culture arabe et dans le domaine de la publication à Beyrouth qui continue d’être un grand centre de rayonnement culturel. Raison pour laquelle nous devons éviter d’échanger des accusations autour d’un film de mauvaise qualité. Si nous devons demander des comptes, il faudrait mettre l’accent sur le fait que la charge retombe essentiellement sur le producteur du film, le réalisateur, et enfin, le scénariste. Personne ne peut suspecter le rôle de l’art au Liban, d’autant plus que ce pays constitue un élément artistique exceptionnel à tous les niveaux. La scène d’une femme nue ou une autre du même ressort dans un film de basse qualité n’atteindront jamais une longue histoire faite de créativité exceptionnelle dont nous a fait part le peuple libanais. La plupart des virtuoses de l’art libanais ont vécu en Egypte, et à des moments difficiles. Raison pour laquelle j’ai été très peiné que la bataille se soit déroulée sur les chaînes de télé satellites entre artistes des deux côtés, sur l’interdiction de sa projection par la censure pour des raisons de bonnes moeurs. La création et les arts raffinés nous ont un jour unis et une production de mauvaise qualité ne sera pas la raison d’une éventuelle désunion entre nos deux peuples. L’art doit être une belle chose, et la vraie création n’est jamais injurieuse. L’art vrai ne voit pas la laideur .

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