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Hamdine Sabahi et la présidentielle

Dimanche, 20 avril 2014

Non, Hamdine Sabahi ne sera pas perdant s’il s’engage dans la course à la présidentielle sans parvenir à accéder à la fonction suprême. Il réalisera sans nul doute une victoire politique qui lui aurait fait défaut s’il n’avait pas décidé de s’engager dans la course.

Sabahi a obtenu à la dernière élection présidentielle, et à l’issue d’une concurrence acharnée, près de 5 millions de voix. Cela n’est toutefois pas envisageable cette année en raison de la popularité écrasante dont jouit son rival Abdel-Fattah Al-Sissi, qui est l’homme de la situation actuelle selon les sondages.

Mais dès que la bataille présidentielle aura pris fin, Hamdine Sabahi se sera fait une place de choix sur l’échiquier politique, grâce à une base populaire que l’on ne peut ignorer et qui transcende les partis politiques. Il est vrai que Sabahi est soutenu par un parti qu’il a fondé, Al-Karama (la dignité), cependant, son leadership politique va bien au-delà de cette organisation partisane pour atteindre des horizons plus élargis, à savoir le Courant populaire qu’il a également fondé.

Il s’agit d’un courant regroupant des jeunes ayant donné naissance plus tard au mouvement Tamarrod (rébellion) qui adopte désormais une position politique indépendante. Ajoutons à cela le long parcours politique de Hamdine Sabahi qui a commencé tôt au sein de l’union estudiantine à l’université, et ensuite, lorsqu’il était député, ce qui fait de lui aujourd’hui l’une des éminentes figures de la vie politique en Egypte.

Avec ce bagage, Hamdine Sabahi recueillera des millions de voix comme il l’a fait lors des précédentes élections et comme il continuera à le faire. Il pourra, pour ainsi dire, concurrencer tous les partis politiques au cours des prochaines élections législatives, ce qui permettra peut-être à son parti de former un gouvernement, conformément à la nouvelle Constitution.

Si cela se réalise, cela impliquera que les partis politiques au Parlement devront faire alliance avec la majorité pour nouer une coalition gouvernementale.

Rappelons-nous que dans la nouvelle Constitution, le premier ministre trace les lignes de la politique générale du gouvernement. Tout cela vient confirmer le rôle et les prérogatives accrus du premier ministre dans la prochaine configuration et vient nous rappeler que l’élection présidentielle pourrait préparer le terrain à Sabahi pour entamer en position de force les élections législatives .

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