Jeudi, 30 mai 2024
Opinion > Opinion >

Edito: Israël, grand perdant

Al-Ahram Hebdo, Lundi, 07 avril 2014

Les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens s’effondrent. Tandis que le secrétaire d’Etat, John Kerry, tentait un dernier effort pour sauver les négociations avant la date butoir du 29 avril, la négociatrice en chef israélienne, Tzipi Livni, informait son homologue palestinien du refus d’Israël d’honorer la promesse de relâcher 26 détenus. Motif invoqué : la décision de la direction palestinienne de demander l’adhésion à 15 accords et traités internationaux.

L’échec des négociations était prévisible. Jamais il n’y eut de rapprochement entre Israéliens et Palestiniens sur les questions vitales soumises aux négociations, en raison notamment des tergiversations répétées d’Israël (refus de geler les colonies, refus de reconnaître le droit au retour des Palestiniens de 1948, refus de l’idée de faire de Jérusalem la capitale des deux Etats israélien et palestinien etc.). Tout ceci sans parler de l’exigence israélienne que les Palestiniens reconnaissent Israël comme Etat juif, ce qui impliquerait que les 1,2 million d’Arabes israéliens n’y auraient plus leur place.

Quelles seront à présent les conséquences de cet échec ? D’abord, un isolement croissant de Tel-Aviv sur la scène internationale. S’il est peu probable que les Etats-Unis ou l’Union européenne adoptent des sanctions à l’égard de Tel-Aviv, les initiatives privées de boycott de l’Etat hébreu, qui ont connu récemment une certaine progression à travers des campagnes menées par des ONG, notamment aux Etats-Unis et dans les pays scandinaves, pourraient se multiplier. Et leur impact sera loin d’être symbolique. Pour preuve, un rapport du Trésor israélien estime qu’un échec des négociations suscitant des mesures de rétorsion européennes entraînerait une chute de 20 % des exportations israéliennes et la perte de quelque 10 000 emplois. Sur le plan politique, n’ayant plus rien à perdre, les Palestiniens reprendront le chemin des Nations-Unies pour tenter d’obtenir l’adhésion de la Palestine aux agences onusiennes. Enfin, à moyen terme, Israël pourrait faire face à une 3e Intifada. Tel-Aviv risque de payer cher sa politique de tergiversation .

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique