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Comment réaliser la stabilité ?

Lundi, 24 février 2014

Qu’importe-t-il au citoyen égyptien qu’il soit le riche ou le pauvre de l’économie de son pays ? L’essentiel pour lui est de trouver un véritable emploi qui lui procure une rémunération juste lui permet­tant de mener sa famille et lui une vie décente. Il aspire à un système éducatif et médical qui lui apporte des soins médicaux convenables et gratuits. Il cherche un habitat salubre à des prix appropriés aux revenus de toutes les classes sociales, un réseau de communica­tions, de transports et de routes pour le transfert des marchandises et des hommes à des prix modérés, des réseaux permanents d’électri­cité, d’eau potable et d’égouts ainsi que des aliments conformes aux normes mondiales. Le citoyen aspire également à un contrôle sage des prix afin qu’ils soient reliés au véritable coût des pro­duits ou des services.

Mais comment le gouvernement peut-il réaliser ces objectifs à la lumière des déséquilibres dont souffre l’économie égyptienne actuellement ? Comment pourra-t-il remédier à ces déséquilibres et assurer les dépenses publiques sti­pulées par la Constitution et consa­crées à la santé, à l’enseignement et à la recherche scientifique ? Quelles politiques peuvent être suivies pour réaliser ces objectifs autres que les politiques impar­tiales contre les pauvres et la classe moyenne suivies durant l’ère de Moubarak, de Morsi et jusqu’à maintenant ?

L’Egypte se trouve face à une grande bataille pour reconstruire son économie qui représente le fondement de sa force afin de retrouver la place qui lui revient. Cependant, la première condition de l’essor économique n’est nulle­ment économique. Cette condition porte sur la réalisation de la stabi­lité politique et sécuritaire. En effet, la préparation de l’environ­nement approprié à l’essor écono­mique commence par la réalisation de cette stabilité, non seulement parce qu’elle est indispensable à l’essor des secteurs les plus sen­sibles à la sécurité comme le tou­risme, mais aussi parce qu’elle est indispensable à la survie et au développement de toute activité économique.

Nombreux sont les moyens de reconstruire cette sécurité poli­tique et sécuritaire basée sur l’en­tente et non sur la répression comme c’était le cas pendant l’ère de Moubarak. Le premier moyen est d’affronter la violence et le terrorisme au Sinaï, dans la vallée du Nil et dans le Delta de manière décisive et compétente. En effet, personne ne peut justifier la vio­lence et le terrorisme en tant que moyen d’action politique. Par conséquent, cet affrontement joui­ra d’un large soutien politique car personne ne peut admettre une réconciliation qui lève les armes face à son peuple et son pays.

Le deuxième moyen est de cal­mer les esprits sociaux et poli­tiques en écartant l’idée de la ven­geance, en respectant les libertés et les droits de l’homme, et en appli­quant la justice dans l’exécution des procédures. En effet, il est insensé, voire même inacceptable que soient emprisonnées certaines figures de proue de la révolution contre Moubarak puis contre Morsi, à l’exemple de Khaled Al-Sayed, Nagui Kamel et d’autres alors qu’ils sont hors de la violence et du terrorisme. Cela donne l’im­pression du retour à la férocité des services de sécurité après la révo­lution du 25 janvier 2011, lancée par le peuple contre l’injustice sociale et économique, la corrup­tion, le despotisme politique et la répression après la vague révolu­tionnaire du 30 juin 2013. Cette révolution qui a explosé contre le fascisme religieux et répressif, et qui a triomphé grâce à l’union entre le peuple révolté et les ser­vices de l’Etat qui ont réalisé que ce fascisme visait la démolition de l’Etat.

Comment réaliser la stabilité ?

Dans ce contexte, il est indispen­sable de respecter la règle de l’ap­plication de la loi à tous les citoyens sans distinction car il existe un déséquilibre dans l’équi­libre de la justice à ce sujet. En effet, la loi sur les manifestations, à propos de laquelle j’ai de nom­breuses réserves, n’est pas appli­quée de manière équitable. Les manifestations qui soutiennent le peuple, sa révolution et la feuille de route qui en a découlé ont eu lieu généralement sans autorisa­tion et sont même protégées comme ce fut le cas le 25 janvier dernier. Par contre, la loi est sévèrement appliquée aux mani­festations d’opposition qu’elles soient violentes ou pacifiques organisées par les personnes qui ont participé à la révolution du 25 janvier 2011 ou du 30 juin 2013 et qui ont des réserves ou des opposi­tions quant aux performances du gouvernement. Ceci est à même de soulever des conflits dont nous pouvons nous passer en appliquant la loi à tous sur un pied d’égalité. Il serait même nécessaire d’amender la loi sur les manifestations.

Je pense qu’il est aussi néces­saire de consulter les forces poli­tiques qui ont déclenché la seconde vague révolutionnaire du 30 juin dernier pour s’accorder afin d’in­terdire totalement les manifesta­tions des partisans ou des oppo­sants pendant trois mois non renouvelables. Et ce, afin que l’Etat se consacre entièrement à l’affrontement de la vague de ter­rorisme obscure qui menace le peuple et l’Etat pour que soit ensuite révisée la loi sur les mani­festations afin de refléter les droits et les libertés stipulés par la Constitution.

Le troisième moyen est que le pouvoir se montre modeste dans ses relations avec ses partenaires de la révolution du 30 juin 2013. Il est vrai que nous avons un prési­dent se caractérisant par une grande modestie et clairvoyance, et qu’il doit jouer un rôle important dans la construction du nouveau régime politique. Cependant, nous avons de larges réserves vis-à-vis du gouvernement non seulement pour ses performances écono­miques et sociales, mais aussi parce qu’il choisit ses politiques socioéconomiques de manière autoritaire reflétant des orienta­tions qui ne diffèrent pas beaucoup de celles des régimes précédents de Moubarak ou de Morsi. En effet, ce gouvernement n’a pas accordé d’intérêt à la nécessité de respecter un programme qui reflète l’entente entre les forces de la révolution et réalise ses objectifs. De plus, en ce qui concerne l’ar­mée, qui a joué un rôle décisif dans la victoire de la révolution du peuple, ses mesures doivent être plus rapides et flexibles dans l’in­teraction avec les forces de la révolution afin de confirmer le respect de la coalition qui a fait réussir cette révolution et qui est censée participer à l’instauration du nouveau régime politique, afin de réaliser les grands objectifs du peuple, à savoir la liberté, la digni­té, le développement économique (le pain) et la justice sociale.

Enfin, il s’avère indispensable d’assimiler les énormes capacités des jeunes révolutionnaires pour transformer leurs énergies rebelles en une énergie constructive .

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