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L’Egypte et les opérations de maintien de la paix

Mercredi, 05 juin 2024

Alors que nous célébrons le 76e anniversaire des opérations de maintien de la paix des Nations-Unies, nous nous souvenons de la longue et fière histoire tracée par plus d’un million de soldats de la paix qui ont servi dans plus de 70 opérations sur les quatre continents depuis la création des opérations de maintien de la paix en 1948.

Au cours des sept dernières décennies, les Casques bleus de l’ONU ont travaillé sans relâche pour atténuer les conflits, protéger les civils, fournir des garanties de sécurité de base, répondre aux crises et faciliter la transition vers une paix durable dans certains des contextes les plus difficiles du monde. Ils ont ainsi aidé les pays à clore le chapitre des conflits et à ouvrir la voie au développement durable, même si des défis majeurs entravent encore les efforts de l’instauration de la paix.

L’Egypte a toujours apporté un soutien-clé aux efforts de maintien de la paix de l’ONU, fournissant des membres de la police et de l’armée, ainsi que des civils et des experts à de nombreuses missions à travers le monde, accumulant un bilan impressionnant de réalisations en matière de maintien de la paix pendant plus de 60 ans. L’Egypte est l’un des pays-clés à avoir rendu ces succès possibles. Depuis 1960, date à laquelle l’Egypte a envoyé des troupes à l’Opération des Nations-Unies au Congo, plus de 30 000 Egyptiens ont servi dans 37 missions de maintien de la paix dans 24 pays.

En tant que l’un des plus grands contributeurs aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, l’Egypte déploie actuellement 1 602 Casques bleus (hommes et femmes) dans les opérations de paix de l’ONU en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et au Sahara occidental.

Aussi impressionnantes que soient les réalisations de l’Egypte en matière de maintien de la paix au cours de plus de 60 ans d’existence, le sacrifice de l’Egypte l’est aussi, avec 60 Casques bleus égyptiens qui ont perdu leur vie au service de la paix. Le monde entier reconnaît ses services et ses sacrifices comme en témoignent sa réélection au poste de rapporteur du Comité des opérations spéciales de maintien de la paix des Nations-Unies et sa récente élection à la présidence de la Commission de consolidation de la paix des Nations-Unies. En outre, la position de l’Union Africaine (UA) concernant l’adoption de la feuille de route du Caire sur le renforcement des opérations de maintien de la paix montre le leadership fort de l’Egypte dans ce domaine.

Et par le biais du Centre international du Caire pour la résolution des conflits, le maintien et la consolidation de la paix (CCCPA), l’Egypte a fourni une voix importante du Sud sur un large éventail de sujets, notamment la prévention et la résolution des conflits, le maintien et la consolidation de la paix. Le CCCPA se distingue comme étant un centre d’excellence de l’UA et le seul centre de formation civile sur les questions de paix et de sécurité. Grâce à un partenariat efficace avec la famille des Nations-Unies en Egypte, le CCCPA est devenu un pilier pour la promotion du dialogue, de la négociation et de la médiation, de l’alerte rapide et de la réponse rapide et de la gestion des crises en Afrique et dans le monde arabe.

Dans le paysage sécuritaire complexe et évolutif d’aujourd’hui, la nécessité d’une coopération multilatérale efficace n’a jamais été aussi grande. Des conflits continuent d’éclater, souvent avec des conséquences humanitaires dévastatrices. Les missions de maintien de la paix de l’ONU sont également confrontées à une menace croissante et sans précédent liée à la militarisation des outils numériques, aux discours de haine et à la désinformation qui sapent leur travail vital et alimentent la violence contre le personnel de maintien de la paix, les partenaires et les communautés.

Les Nations-Unies ont choisi comme thème pour la Journée internationale des Casques bleus de cette année : « Préparer l’avenir, construire mieux ensemble », soulignant l’importance primordiale pour les opérations de maintien de la paix de s’adapter à l’évolution du paysage politique et à la nature des conflits qui sont devenus plus complexes et interconnectés.

A mesure que les opérations de maintien de la paix ont évolué pour refléter les populations qu’elles servent, les femmes font de plus en plus partie de la famille du maintien de la paix, ce qui rend les opérations plus efficaces. C’est aussi un domaine où l’Egypte a joué un rôle actif, avec des femmes égyptiennes soldats de la paix — actuellement 102 femmes égyptiennes courageuses servent dans 5 missions à travers l’Afrique — qui sont considérées comme des modèles dans les missions de maintien de la paix.

Selon la déclaration du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, « pour que nos soldats de la paix puissent relever les défis d’aujourd’hui et de demain, ils ont besoin du soutien du monde ». A cet égard, les pays ne seront pas en mesure d’aborder la prévention et le règlement des conflits de manière inclusive et durable sans tenir compte de la jeunesse dans la planification et la prise de décisions. La résolution 2 250 du Conseil de sécurité des Nations-Unies sur la jeunesse, la paix et la sécurité est un jalon car elle reconnaît le rôle important que les jeunes peuvent jouer dans la prévention et la résolution des conflits.

En outre, la crise climatique constitue une menace croissante pour la paix et la sécurité mondiales, avec l’élévation du niveau de la mer, les sécheresses, les inondations et d’autres événements liés au climat. Elle implique aussi la nécessité pour les opérations de paix de l’ONU dans le monde de s’adapter et d’atténuer le risque de conflits climatiques. Malgré sa contribution limitée au réchauffement climatique, l’Afrique est confrontée de manière disproportionnée aux pires impacts du changement climatique.

L’initiative phare de la présidence de la COP27, intitulée « Réponses climatiques pour une paix durable », a joué un rôle de premier plan à cet égard, en menant une discussion sur la manière dont le changement climatique peut exacerber les risques de violence, de conflit ou d’autres vulnérabilités nationales, et sur la nécessité de les aborder de manière multidimensionnelle et holistique.

L’Egypte a poussé l’initiative encore plus loin en lançant le Forum d’Assouan pour la paix et le développement durables. Le forum, dont la prochaine édition est prévue les 2 et 3 juillet au Caire, constitue la première plateforme du genre en Afrique pour aborder les liens entre la paix et le développement, défendre les solutions menées par l’Afrique et aborder la consolidation de la paix sous l’angle du climat.

Aujourd’hui, cette Journée internationale des Casques bleus de l’ONU que nous célébrons nous rappelle qu’un engagement collectif plus fort pour faire avancer les solutions politiques aux conflits est plus que jamais nécessaire. Comme le dit le secrétaire général, « les opérations de maintien de la paix de l’ONU sont une entreprise remarquable de multilatéralisme et de solidarité internationale ».

En septembre, les Etats membres de l’ONU se réuniront lors du Sommet de l’avenir, où ils aborderont ensemble la manière de répondre aux menaces émergentes dans le monde. Dans cette instance importante, les Etats membres de l’ONU auront la responsabilité de défendre le multilatéralisme, d’unir leurs forces et de définir des opérations de maintien de la paix plus efficaces, responsables et inclusives, comme le prévoit le Nouvel Agenda pour la paix. Celui-ci est la vision du secrétaire général des Nations-Unies pour renforcer l’action multilatérale en faveur de la paix, fondée sur le droit international, dans un monde en transition.

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