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Oui, à la Constitution

Lundi, 23 décembre 2013

La Constitution est le document le plus précieux abordant la question des droits. Il s’agit d’un contrat social régularisant la relation entre le gouverneur et le gouverné ou en d’autres termes le pouvoir et les citoyens, tout comme la relation entre les citoyens les uns les autres.

Les Constitutions modernes sont le fruit naturel des théories des contrats sociaux et des droits civils. Par conséquent, le chapitre des droits et des libertés est considéré comme l’un des plus importants dans toute Constitution, indépendamment des détails qui peuvent devenir sujets à des amendements.

C’est dans ce contexte que nous pouvons lire la nouvelle Constitution de l’Egypte qui sera soumise à référendum les 14 et 15 janvier prochain. D’ailleurs, ce qui attire l’attention en premier lieu est d’avoir déterminé les principes et les idées qui jettent les fondement des droits civils. Ces principes ont été largement inspirés du patrimoine moderne de l’Egypte depuis le déclenchement de l’une des révolutions pivot de l’Egypte, à savoir celle de 1919 qui a eu un grand impact intellectuel qui s’est concrétisé plus tard dans la Constitution de 1923, en passant par celle de 1952 et enfin celles du 25 janvier et du 30 juin 2013 qui ont brandi les slogans de la liberté, de la dignité humaine et de la justice sociale. En établissant une comparaison avec la Constitution de 2012, on peut dire que, dans l’actuelle Constitution, les remaniements radicaux introduits ont aboli l’aspect sectaire de l’ancienne qui s’avérait être l’expression de la ligne idéologique de l’islam politique. La nouvelle Constitution refuse les tentatives d’hégémonie sur les différentes classes sociales, toutes tendances confondues, à travers certains articles controversés qui étaient formulés de manière floue, tel l’article 219. Ce dernier annulé dans l’actuelle Constitution a tenté d’apporter une interprétation unilatérale à l’énoncé de l’article 2, sur les principes de la charia, comme principale source de législation. Même chose avec l’article n°4 sur l'institution d'Al-Azhar, qui l’ingérait dans les questions politiques. Cet article fut amendé pour maintenir son rôle de prédication modérée qui la caractérisait. Pour plus de précision, établissons une comparaison dans le chapitre des droits et des libertés, que l’on retrouve dans l’article 53 de la Constitution actuelle qui met tous les citoyens sur un pied d’égalité. Ils sont égaux dans les droits, les libertés et les devoirs, sans discrimination sur fond de religion, de croyance, de race, d’ethnie, de couleur, de langue, de handicap physique, de niveau social ou encore d’appartenance politique ou géographique. Il va sans dire que cet article est primordial. D’autant plus que la Constitution de 2012 n’avait pas mentionné les types de discrimination, qu’on retrouvait dans les Constitutions successives de 1923 à 1971. L’actuelle Constitution maintient tout ce que comportait les anciennes Constitutions, avec même des ajouts pour conférer aux articles une signification plus profonde et globale. L’actuelle Constitution, malgré certains articles controversés, est de loin meilleure que celle de 2012, selon plusieurs critères, surtout quant aux questions relatives aux droits et libertés civils .

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