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Edito: Tergiversations israéliennes

Al-Ahram Hebdo, Lundi, 16 décembre 2013

John Kerry poursuit inlassablement ses navettes entre Israël et l’Autorité palesti­nienne dans l’espoir de conclure un accord de paix. Le secrétaire d’Etat amé­ricain était cette semaine encore au Proche-Orient, pour la 9e fois depuis le mois de mars, pour tenter de débloquer les difficiles négociations israélo-palesti­niennes. Les Américains veulent sceller un accord final et non pas un règlement transitoire entre Israéliens et Palestiniens dans le délai de neuf mois qu’ils avaient fixé lors de la reprise des négociations en juillet dernier. Mais une fois de plus, les ardeurs américaines se sont heurtées à l’intransigeance et à l’obsession sécuri­taire du gouvernement israélien. Le pre­mier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, exige que l’Etat palestinien soit démilitarisé et qu’Israël puisse gar­der des troupes à long terme dans la val­lée du Jourdain, à la frontière avec la Jordanie. Or, les Palestiniens refusent toute présence militaire israélienne sur leur territoire après un accord de paix, mais acceptent une force internationale. Une solution rejetée par Israël qui insiste sur la nécessité de pouvoir « se défendre lui-même par lui-même ».

Selon le quotidien israélien Haaretz, les Etats-Unis auraient proposé à Israël un plan portant sur des arrangements de sécurité en Cisjordanie qui seraient appli­qués après la création d’un Etat palesti­nien. En vertu de ce plan, Washington s’engage à livrer à Israël des technologies et des systèmes d’alerte sophistiqués afin d’assurer la sécurité de ses frontières. Les Israéliens auraient rejeté ce plan. Malgré tout, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a jugé « possible » de concilier les aspirations d’Israël à la sécurité et des Palestiniens à la souveraineté. « Nous travaillons sur une approche qui garantit la sécurité d’Israël tout en respectant complètement la souveraineté des Palestiniens. Nous gardons espoir de parvenir à cet accord sur le statut final », a déclaré M. Kerry à la presse.

Un accord est-il possible ? Jusqu’à présent Israël n’a manifesté aucun signe de bonne volonté, invoquant comme à son habitude le problème de la sécurité. Tel-Aviv a toujours utilisé ce prétexte pour justifier son refus d’un Etat palesti­nien indépendant. Tout porte à croire qu’Israël ne désire pas vraiment la paix. Le ministre israélien des Affaires étran­gères, Avigdor Liberman, n’a-t-il pas déclaré récemment que « le moment n’est pas approprié pour faire la paix avec les Palestiniens » ? Et si Israël a accepté de reprendre les négociations avec les Palestiniens c’est uniquement sous la pression de son allié américain.

Le premier ministre Benyamin Netanyahu, allié à l’extrême droite, pour­suit d’ailleurs ses actes de provocation. Le gouvernement israélien vient d’autori­ser plusieurs centaines d’extrémistes juifs à célébrer une fête religieuse juive sur l’esplanade de la mosquée d’Al-Aqsa. Les extrémistes juifs étaient escortés par des soldats de l’armée israélienne lourde­ment armés. Par ailleurs, un enfant pales­tinien a été tué cette semaine au camp de réfugiés de Jalazon près de Ramallah. Selon les témoins, l’enfant a été liquidé de sang-froid par un tireur embusqué israélien alors qu’il ne présentait aucun danger pour les soldats israéliens. Le moment dans lequel interviennent ces actes de provocation en dit long sur les intentions d’Israël qui veut pousser les Palestiniens à des actes non calcu­lés afin de leur faire porter par la suite la responsabilité de l’échec des négo­ciations .

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