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Majorité parlementaire

Lundi, 25 novembre 2013

J’ai reçu de nombreuses lettres qui s’élèvent contre l’article de la Constitution stipulant que le premier ministre est issu de la majorité parlementaire, comme le dictent les règles démocratiques. Les tenants de cet avis craignent que ce moyen n’assure l’accession des groupes organisés qui peuvent à eux seuls rafler le plus grand nombre de sièges au Parlement.

Je ne suis pas d’accord avec cet avis qui ne prend pas en considération le changement radical qu’a vécu l’Egypte l’année dernière. La confrérie a perdu un grand nombre de ses partisans. Outre cela, les Frères sont plus que jamais dispersés, après les crimes commis par leurs leaders qui les ont conduits en prison, dans l’attente de procès.

En réalité, l’article en question ne parle pas de majorité parlementaire, mais du plus grand nombre, ce qui ne veut pas nécessairement dire plus de la moitié des sièges parlementaires. Souvenons-nous que les Frères, pendant les moments où ils avaient réussi à s’attirer une énorme sympathie populaire et avant d’accéder au pouvoir, ont été incapables de rafler la majorité à l’Assemblée du peuple. Ce qui les a contraints à faire une coalition avec d’autres courants religieux. Une coalition qui n’a d’ailleurs pas perduré après l’émergence de la tendance au monopole chez les Frères.

Le plus grand nombre stipulé dans la Constitution n’est pas l’apanage des Frères. Les partis démocratiques peuvent former entre eux une coalition capable de rivaliser avec toute autre tendance.

Dans ce contexte, une question importante s’impose : Est-ce que les tendances démocratiques ont atteint une maturité qui leur permettrait de placer l’intérêt de la patrie au-dessus de toute autre considération partisane ? Je crois que l’expérience de l’année passée les a rendus plus mûrs. Mais si ces partis s’engagent dans les élections-ci sur le même principe de rivalité qui régissait les anciennes élections, on se trouverait face à une partie déjà perdue, quel que soit le contenu des articles de la Constitution.

Le peuple qui est sorti le 30 juin s’attend à ce que les partis et les leaders politiques nationaux soient au même degré de maturité que les foules. Ils doivent comprendre que la prochaine étape ne peut pas être un retour en arrière signant l’acte de mort de la révolution du 25 janvier et l’annulation des acquis du 30 juin. Le 30 juin était un exemple éloquent de la solidarité des forces populaires contre l’oppression des Frères, qui ne doivent surtout pas avoir été démis de la présidence pour ensuite regagner le Parlement.

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