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Le choc des civilisations et des valeurs

Samedi, 11 mars 2023

La relation entre l’Occident et sa civilisation et l’Orient et son ancienne civilisation était en principe une relation de conflit, que ce soit durant la première phase coloniale franco-britannique ou la seconde phase moderne, dirigée par les Etats-Unis.

Cette relation de conflit s’est poursuivie, dépassant tous les principes inclus dans le droit international et la Charte des Nations-Unies qui assurent la nécessité de fonder des relations de coopération, de respect et de paix entre les différentes nations.

La relation entre l’Occident et l’Orient est restée gérée par le déséquilibre des forces au profit des nations occidentales. Si la première phase a connu un pillage méthodique des richesses des nations de l’Orient en Asie et en Afrique, en plus des pays de l’Amérique latine, au profit des nations de l’Occident, la seconde phase est pire, se caractérisant par le conflit éthique basé sur l’imposition des valeurs et des idées de l’Occident aux nations de l’Orient sans aucun respect envers leurs valeurs, leurs croyances et leurs civilisations, dans une tentative de « déformer » les esprits de ces nations et les transformer en « entités subordonnées sans volonté ». Il était donc logique que la relation entre l’Orient et l’Occident aboutisse au « choc des civilisations », caractérisé par l’arrogance et le racisme de la part de l’Occident, et que le sarcasme, la négligence et le mépris soient la réponse occidentale à une invitation au dialogue des civilisations, de la part des pays de l’Orient, notamment les pays arabes et islamiques.

Le conflit des valeurs dont nous parlons est apparu tôt dans la littérature politique occidentale, en particulier dans le domaine de ce que l’on appelle la « modernisation » du point de vue occidental. Le politologue américain Samuel Huntington est parmi les écrivains qui ont le plus abordé ce sujet, appelé « choc des civilisations ». Dans l’un de ses ouvrages les plus importants, intitulé La Modernisation, Huntington a mentionné que l’avancement des sociétés arriérées dans les pays du Sud ou du tiers-monde sera réalisé par l’adoption du contexte historique du développement et du progrès des sociétés occidentales civilisées, à travers un « contexte évolutif » excluant complètement la voie des « révolutions » comme moyen de changement radical et global, soulignant que les raisons de l’arriération des sociétés des pays du tiers-monde viennent de l’intérieur d’elles-mêmes. Par cette théorie, Huntington a complètement ignoré la responsabilité occidentale dans cette arriération, notamment le pillage des richesses des pays du tiers-monde à travers les relations coloniales. Huntington a également voulu imposer des valeurs et des idées étranges aux sociétés du tiers-monde au détriment de leurs systèmes intellectuels et de leurs spécificités sociales, culturelles et politiques. Et ce, dans une tentative d’empêcher un rapprochement entre l’Union soviétique, les Etats socialistes et les pays du tiers-monde pour qu’ils restent éternellement dépendants de l’Occident.

Après le démembrement de l’Union soviétique et l’effondrement du Pacte de Varsovie, l’Occident, dirigé par les Etats-Unis, a entamé une attaque intellectuelle et éthique féroce contre le monde entier et non pas seulement le tiers-monde. Les Etats de l’Est et du centre de l’Europe, ex-membres du Pacte de Varsovie, ont été exposés à ce qu’on appelle les révolutions de couleur. Ce sont des révolutions qui ont été planifiées et perpétrées par les Etats-Unis pour renverser le pouvoir socialiste dans ces pays. Puis sont venues les tentatives de dominer la Russie de l’intérieur par les mêmes mécanismes qui sont les prétentions de la démocratie et des droits de l’homme à travers lesquels les régimes socialistes ont été renversés. Les termes Europe de l’Est et Europe de l’Ouest ont alors disparu et tous les Etats ont fusionné sous le nom de l’Europe tout court.

Il est à noter que les Etats-Unis, qui ont revendiqué « la fin de l’histoire » et la suprématie du capitalisme, ont eux-mêmes lancé l’appel au « conflit des civilisations » comme alternative à la lutte entre les idéologies qui prévalaient à l’époque de la Guerre froide avec l’Union soviétique. Ceci signifie que l’Occident, après avoir absorbé les Etats de l’Est et du centre de l’Europe, a commencé à se diriger vers « le broyage » des nations et des civilisations de l’Orient, en particulier les nations des civilisations arabe et islamique.

On remarque que l’idée du conflit contre l’islam et le monde islamique existait avant l’effondrement de l’Union soviétique, depuis la fin des années 1970 du siècle passé. Puis est venu le bouillonnement de la mondialisation dirigé par les Etats-Unis, donnant naissance aux prémices d’une civilisation mondiale unique, qui est la civilisation occidentale, en se basant sur des efforts visant à anéantir les autres civilisations et leurs systèmes éthiques, en particulier la civilisation arabo-islamique, qui a été qualifiée de terroriste. Cette agression exagérée de la part de l’Occident contre l’islam, matérialisée dans les attaques contre le prophète Mohamad et le Coran, s’est prolongée vers de nombreuses nations islamiques, en particulier la Palestine et précédemment l’Iraq et l’Afghanistan, et maintenant la Syrie et la Turquie après le désastre du séisme.

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