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Les causes fondamentales du dialogue politique

Mercredi, 05 octobre 2022

La tenue d’un Dialogue national est certes primordiale ; mais il fallait intégrer certains thèmes ou volets ensemble, à titre d’exemple le volet politique avec la culture à cause du lien organique entre eux, malgré la spécificité de la culture et des problèmes qui en découlent. Le volet politique est certes le plus important, parce qu’il se rapporte à mettre de l’ordre dans la vie politique. Il s’agit là du premier défi devant les comités chargés du volet politique, à savoir attirer de larges tranches sociales qui ont tourné le dos au politique. Ce qui n’a pas été sans conséquences sur les questions d’appartenance nationale, le patriotisme et l’intégration nationale. Le deuxième défi est celui de la nécessité de faire face au phénomène de la numérisation qui donne l’occasion à des personnes, qu’elles soient éduquées, conscientes ou non, de poster leurs visions qui ne sont en aucun cas soutenues par des informations ou une spécialisation. Ce segment de « personnes numériques » fait beaucoup de bruit et le sérieux leur fait défaut. La question qui s’impose aux comités relevant du dossier politique est de savoir les problèmes structurels dans le régime politique égyptien depuis juillet 1952. A mon avis, il n’y a aucune donnée vu l’absence d’une quelconque évaluation ou conceptualisation concernant les régimes constitutionnels et politiques, ou encore d’une analyse objective de la performance des pouvoirs. Dans ce contexte, nous avons grand besoin d’évaluer la performance des pouvoirs, exécutif, législatif et constitutionnel dans les périodes de transition, d’autant plus que les différents dialogues sont censés les impacter directement. L’absence de cette évaluation est l’un des défauts dans les phases de préparation au Dialogue national. Ajoutons à cela que les maux de ces pouvoirs ne se trouvent pas sur l’agenda du dialogue constituant les prémices d’une éventuelle réforme.

L’étude de la distribution des forces politiques au sein du régime constitutionnel en place est primordiale, parce que cela influence l’action et la performance des pouvoirs et des institutions politiques à la lumière de l’histoire constitutionnelle et politique égyptienne depuis juillet 1952 jusqu’à aujourd’hui. En effet, le système constitutionnel stipule le principe de la séparation des trois pouvoirs, à l’heure où le système juridique implique certaines contraintes sur la formation de ces pouvoirs. Le plus important étant le rôle de l’autorité exécutive dans le régime constitutionnel et politique malgré l’aspect mixte des deux régimes parlementaire et présidentiel.

Plusieurs facteurs ont amené les pouvoirs à s’aligner sur les dangers qui menacent l’Etat et la société. Parmi lesquels le déséquilibre dans la distribution des forces, la solidarité des pouvoirs de l’Etat suite à l’anarchie au lendemain de la Révolution du 25 Janvier 2011 avec la montée en force du pouvoir des Frères musulmans et des salafistes. Ensuite, ce fut le rejet populaire du régime des Frères après leur échec dans la gestion de l’Etat. A cause de cela, il devient important de créer un comité pour les deux pouvoirs législatif et juridique et il incombe de faire des suggestions pour les réformer. La magistrature égyptienne est connue pour sa performance, son efficacité et sa défense des libertés publiques et de la société à la lumière des législations prévalant. Dans ce contexte, la magistrature, ainsi que les magistrats ont besoin de soutien, en hommage à leur rôle pionnier.

La politique législative a par ailleurs besoin de révision à travers une étude scientifique de la production législative et de son impact sur la régularisation des relations entre l’Etat, ses pouvoirs, la société et, enfin, l’individu. Les lois doivent être un instrument apportant un équilibre entre les intérêts opposant les différents segments sociaux. Elles doivent également s’aligner sur les législations servant les besoins des plus démunis. Et ce, afin de garantir l’équilibre social et la stabilité sociopolitique. En effet, à mon sens, la loi n’est pas un simple instrument comme le perçoivent les élites politiques et parlementaires, mais c’est un mécanisme réorganisant la vie sociale, politique et économique. Ainsi, les lois doivent être efficaces afin d’assurer un équilibre entre les intérêts sociaux et les droits et les libertés générales et personnelles. En plus, elles doivent permettre au parlement et aux députés de la nation d’assumer leur rôle législatif et de contrôle avec efficacité. Ainsi, il faut entamer une discussion scientifique sur la distribution du rôle et de la force des trois pouvoirs à partir d’un prisme réformateur, quitte à réaliser un travail en symbiose et avec efficacité entre les trois pouvoirs au niveau de leurs rôles législatifs. Cette réforme doit également combler les lacunes existantes entre les institutions et les segments publics au sens propre du terme, afin de bâtir l’intégration nationale que nous prônons.

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