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Les réfugiés climatiques, un nouveau concept

Wahid Abdel-Méguid , Mardi, 10 août 2021

Il est difficile d’évaluer le degré de sérieux des grandes puissances qui sont responsables des émissions de CO2 dans leurs tentatives de contrer les menaces découlant du changement climatique. Bien que ces efforts aient atteint des niveaux ayant dépassé les prévisions, les récents bouleversements climatiques (précipitations, inondations, vagues de chaleur et incendies), ayant frappé plusieurs régions de la planète ces dernières semaines et ayant causé des catastrophes incroyables, disent que la situation est bien plus dangereuse que ce que l’on pensait. Les dangers découlant du changement climatique rapide vont au-delà des efforts déployés pour y faire face.

Wahid Abdel-Méguid

Raison pour laquelle les analystes spécialisés dans les questions climatiques en sont conscients et sont disposés à les discuter au cours des concertations internationales qui ont déjà démarré en préparation à la Conférence des Nations-Unies pour le changement climatique (UN Climate Change Conference 2021, COP26), qui sera tenue en partenariat avec le groupe pharmaceutique mondial GlaxoSmithKline (GSK) en novembre prochain.

Malgré cela, rien n’incite à l’optimisme et rien ne dit que ces consultations seront soldées par des ententes consistant à accroître les taux de réduction des émissions en CO2 et éviter une hausse de la température terrestre. En effet, pour plus de précision, il serait plus bénéfique non pas que ces degrés de température soient stabilisés, mais en l’occurrence qu’ils soient amenés à la baisse, même si ces taux ont réduit de 2 degrés en comparaison avec ceux qui sévissaient à la fin du XIXe siècle, conformément à ce que stipulait l’Accord de Paris.

Les craintes sont alors de plus en plus grandissantes quant à l’aggravation des exodes des régions connues par les désastres climatiques. Ces exodes se multiplient au sein d’un même Etat, à part quelques régions. Cependant, ces transferts des individus peuvent ouvrir grand la porte devant des mouvements migratoires amples, quitte à imposer de nouveaux, que ce soit pour les pays d’accueil ou bien pour les organisations internationales qui divergent dans leur définition des « réfugiés climatiques ». A l’heure où le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés tient à la définition impliquée dans la Charte de l’Onu pour les affaires des réfugiés en 1951 qui ne mentionne pas les changements ou désastres climatiques comme une justification au droit d’asile. Voire même, elle va jusqu’à refuser l’usage du terme des réfugiés climatiques, alors que l’Organisation internationale des migrations affiche, quant à elle, une position plus flexible.

Dans tous les cas, les victimes des catastrophes du changement climatique dans les régions sévèrement frappées, au cas où les tentatives d’y faire face iraient au ralenti, seront obligées de dépasser les frontières en quête d’asile. Les pressions pour les considérer comme réfugiés s’amplifieront. A ce moment-là, le concept de réfugiés des catastrophes climatiques sera courant, tout comme celui des réfugiés des guerres et des conflits armés.

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