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Edito : Israël veut-il la paix ?

Lundi, 05 août 2013

Après trois ans d’impasse, le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens vient d’être relancé par les Américains. Le secré­taire d’Etat John Kerry a réussi le mois dernier à arracher, à l’issue de son sixième voyage dans la région, un accord pour une reprise des pourparlers de paix gelés depuis septembre 2010. Kerry a annoncé que les deux parties s’étaient donné un délai de 9 mois pour parvenir à un accord. C’est dans ce contexte que la ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, et le négociateur palesti­nien Saëb Eraqat se sont rencontrés la semaine dernière à Washington. Objectif : trouver une base pour la suite à donner aux négociations. Selon Mme Livni, les discus­sions vont reprendre durant la deuxième semaine d’août et auront lieu dans la région, alternativement en Israël et dans les Territoires palestiniens. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a consenti à ralentir la construction des colonies et à libérer 104 prisonniers palestiniens avant le deuxième round de pourparlers.

Depuis trois ans, les négociations entre Israéliens et Palestiniens étaient au point mort, Israël faisant la sourde oreille aux exigences palestiniennes d’un arrêt de la colonisation en tant que condition à une reprise des pourparlers. Et rien ne laissait présager une telle détente dans le processus de paix. Pourquoi donc Israël consent-il maintenant à reprendre les négociations et à ralentir la construction des colonies ?

L’admission, le 29 novembre dernier, de la Palestine à l’Onu en tant qu’Etat observa­teur a isolé Israël sur la scène internatio­nale. En acceptant d’assouplir sa position et de reprendre les négociations avec les Palestiniens, Tel-Aviv veut sans doute atté­nuer son isolement. Les propos du ministre israélien de l’Intérieur, Gideon Sa’ar, reflè­tent parfaitement les craintes israéliennes. « Nous risquions de tout perdre, y compris nos ultimes alliés, et d’être mis au banc des nations », a déclaré le ministre. Le 19 juillet dernier, l’Union européenne avait exclu les territoires occupés de sa coopération avec Israël, mettant ainsi le gouvernement Netanyahu dans un dilemme, car celui-ci doit à présent reconnaître que les colonies ne font pas partie de son territoire ou accepter des préjudices économiques.

Depuis quelques mois, Israël est soumis à une intense pression de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne en vue de reprendre les négociations. Washington et ses alliés européens craignent, en effet, un effondrement de l’Autorité palestinienne et avec elle du processus de paix dans son ensemble. Ces facteurs combinés ont incité Israël à revenir aux négociations. Mais la vraie question est de savoir quelles sont les véritables intentions du premier ministre israélien. Veut-il réellement la paix, ou seule­ment gagner du temps ? .

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