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Edito: L'enlisement

Al-Ahram Hebdo, Mardi, 02 octobre 2012

Un an et demi après le déclenchement de la révolte contre le régime du président Bachar Al-Assad en mars 2011, la Syrie semble s’enliser dans un interminable conflit. Ainsi, le 24 septembre, l’émissaire international Lakhdar Brahimi déclarait devant le Conseil de sécurité de l’Onu que : « aucune issue n’était en vue en Syrie, en proie à la guerre civile déclenchée par la répression du régime du mouvement de contestation pacifique lancé en mars 2011 ». Brahimi avait effectué à la mi-septembre une visite de 4 jours à Damas. Le président syrien, Bachar Al-Assad, lui avait alors signifié qu’il ne comptait pas arrêter sa guerre contre les rebelles, tandis que des chefs de la rébellion lui avaient dit que le régime ne tomberait que « par la force ».

Les divergences internationales sont en partie à l’origine de l’enlisement du conflit. Divergences entre les grandes puissances tout d’abord : Etats-Unis, Russie et Chine. Tandis que Washington prend position contre le régime syrien, Moscou et Pékin le soutiennent. Les deux grandes puissances ne veulent pas perdre un de leurs « clients » en matière de vente d’armes. Moscou voit en Damas l’un de ses derniers alliés dans la région et ayant souffert des spératistes islamistes dans le Caucase, elle ne veut pas voir émerger un régime islamiste en Syrie.

Les mêmes divergences existent au niveau régional et au sein même du groupe de contact, formé récemment pour trouver une issue à la crise syrienne. Tandis que Le Caire, Riyad et Ankara réclament le départ du régime syrien, Téhéran le soutient. L’Iran ne veut pas perdre son principal allié dans la région. Téhéran et Damas forment un axe régional destiné à faire face à l’hégémonie occidentale et basé sur le soutien au Hezbollah libanais et aux mouvements palestiniens radicaux comme le Hamas. Mais de l’autre côté de la barre, l’Arabie saoudite, qui cherche à briser l’axe syro-iranien et à lutter contre l’influence de Téhéran, soutient les rebelles syriens contre le régime de Bachar Al-Assad. Même chose avec l’Egypte, dont le régime issu d’une révolution populaire, ne peut que soutenir l’opposition syrienne. Il est peu probable qu’une solution au conflit en Syrie soit trouvée dans un proche avenir. Les Etats-Unis sont occupés par les échéances électorales et aucun progrès n’est prévisible avant des mois.

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