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L’Egypte et la crise libyenne

Dimanche, 18 octobre 2020

En recevant ces dernières semaines les pourparlers interli­byens, l’Egypte intensifie ses efforts de médiation dans le conflit libyen. Le 28 septembre dernier, la ville côtière d’Hurgha­da recevait des responsables mili­taires et sécuritaires libyens de l’est et de l’ouest pour des négo­ciations destinées à préparer le terrain aux travaux du comité dit 5+5 qui se tiennent à Genève en Suisse. Le 12 octobre, des déléga­tions des deux parties libyennes en conflit se sont rencontrées au Caire pour lancer un nouveau cycle de négociations sur les arrangements constitutionnels, une étape préalable au dialogue interlibyen qui commence en novembre prochain à Tunis. A Hurghada des mesures urgentes ont été prises pour échanger les prisonniers de guerre entre les deux camps avant la fin du mois d’octobre. Au Caire, les deux délégations du parlement libyen de Tobrouk et du Conseil d’Etat ont discuté trois jours durant des enjeux constitutionnels ainsi que des élections, présidentielle et parlementaires, sous l’égide de l’Onu, afin de résoudre la crise libyenne.

Depuis le cessez-le-feu annon­cé le 21 août dernier, l’Egypte multiplie les initiatives afin de favoriser un règlement de la crise libyenne, d’abord en unifiant le front de l’est, sujet à des diver­gences. Ensuite en ouvrant des canaux avec le camp de l’ouest, dirigé par Fayez Al-Sarraj. Parallèlement, Le Caire a intensi­fié les contacts avec les parties internationales concernées par la crise. Il a récemment reçu la représentante de l’Onu en Libye, Stéphanie Williams, et coordonne en permanence avec les Etats-Unis et l’Union européenne au sujet de la crise libyenne. Le Caire a de plus pris une série de mesures visant à favoriser un retour à la normale en Libye dont notamment la relance du projet de liaison électrique entre l’Egypte et l’Est libyen, la facilita­tion de l’octroi de visas aux citoyens libyens et le rétablisse­ment des vols entre l’Egypte et la Libye.

L’action de l’Egypte émane de sa responsabilité en tant que puissance régionale et de sa ferme conviction que la stabilité de la Libye est une partie inté­grante de la stabilité de la région. Pour Le Caire, l’enjeu est d’ordre stratégique. Il s’agit de protéger les frontières occidentales du pays, longues de 1 100 kilomètres. La Libye est un pays sans gouver­nement central et sans institu­tions. Le chaos, la contrebande et le trafic d’armes ne peuvent qu’y proliférer. La présence sur le ter­ritoire libyen de milices islamistes armées et de mercenaires consti­tue clairement une menace pour la sécurité nationale de l’Egypte. D’où les efforts du Caire pour parvenir à un règlement et ses demandes incessantes en faveur d’un démantèlement des milices.

Sous l’impulsion de l’Egypte, les pourparlers interlibyens pro­gressent. L’espoir d’un règle­ment de la crise libyenne renaît désormais.

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