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La réforme de l'enseignement, une urgence

Dimanche, 18 octobre 2020

L’effort considérable déployé par le ministre de l’Education ne peut pas passer inaperçu. Le ministre fait de son mieux pour reconstruire un système adapté à l’avenir, un système qui serait l’un des piliers de l’Egypte dans les décennies prochaines. L’enseignement moderne est certai­nement l’une des composantes des nations et des civilisations de demain. C’est pour cela que le prési­dent de la République, Abdel-Fattah Al-Sissi, accorde une importance extrême à la réforme de l’éducation qui consiste à changer le système désuet et plein de lacunes qui domi­nait jusqu’à nos jours. Un système archaïque qui ne peut pas former les cadres du futur.

Nous sommes donc dans une course contre la montre pour conso­lider les piliers de l’Etat égyptien et concrétiser ses ambitions qui vont de pair avec son histoire, sa civilisation, son potentiel et l’expérience de son peuple qui a fait un apport considé­rable à l’humanité.

Mais la vitesse avec laquelle tout le système de l’enseignement est reconstruit est semée d’embûches, surtout que nous avons été habitués aux modèles traditionnels qui ne sont plus valables et dont les résultats sont médiocres. Les diplômés des dernières décennies souffraient d’un manque de potentiels, alors que de petits Etats ont fait des sauts incroyables et ont consacré des bud­gets considérables pour réaliser cette ambition. Nous avions grand besoin de combler cette lacune entre un héritage accumulé basé sur l’appren­tissage et l’initiation à la créativité, à la méthodologie scientifique et cri­tique et à la recherche de nouvelles données dans divers domaines. Parmi les problèmes majeurs figu­rent la formation de professeurs compétents et la lutte contre le phé­nomène des leçons particulières qui épuisent les familles égyptiennes. Un phénomène dont l’expansion a touché de plein fouet le rôle de l’école et celui du professeur au sein des établissements scolaires, ceux-ci ayant perdu leur posture alors que les élèves devenaient de plus en plus léthargiques. Ainsi, l’essence du pro­cessus éducatif s’est éloignée de l’école pour se concentrer sur les leçons privées, qu’ils se tiennent dans des centres, des grandes ou petites salles abritant de grands ou de petits groupes. Aussi, des problèmes émergent résultant de la faiblesse du suivi entrepris par l’Etat de la qualité à cause des innombrables centres de cours particuliers.

Nous avons un autre problème : celui de la multiplicité des pro­grammes, des méthodes et des conte­nus ; ce qui a fait que le processus n’est plus contrôlé par l’Etat et dépend plus des capacités finan­cières de chaque famille.

Nous sommes donc face à une mission difficile englobant environ 55 000 écoles et 22 millions d’élèves à travers le pays. Et donc devant le nombre, il est tout à fait normal que le pays vive un calvaire, surtout à l’ombre d’un ancien système bien ancré. Les gens sont devenus des prisonniers de l’ancienne méthode et les diplômés sont quasi analphabètes dans les différents domaines. Il y a certainement eu des avancées sur le plan technique, comme l’instaura­tion de la banque des données et la disponibilité des tablettes. Elles ont fait face à des problèmes lors de leur lancement, mais ces problèmes ont été par la suite réglés.

Aujourd’hui, d’autres obstacles doivent être surmontés. On a besoin de plus de professeurs, mieux formés et plus compétents. Le statut du pro­fesseur doit être reconsidéré, ainsi que son revenu qui doit correspondre à sa performance. Autre question, le financement ne doit pas focaliser sur les aspects techniques et technolo­giques uniquement; depuis les appa­reils jusqu’aux laboratoires et bâti­ments. Un bon service éducatif dépend de la performance d’un pro­fesseur conscient des nouvelles évo­lutions et ayant une foi inébranlable de son rôle axial dans la formation des nouvelles générations. Pour sa part, le professeur doit parfaitement comprendre que son rôle ne se limite pas uniquement à expliquer et à faci­liter l’information, mais il se doit de donner un modèle dans ses compor­tements, ses éthiques et son sens patriotique. Une chose qui ne peut pas être assurée par le progrès tech­nique ou bien les tablettes. Au contraire, le mauvais usage de la technologie des télécommunications pourrait entraîner des perversités et des comportements malsains. Le professeur est la colonne vertébrale de tout le processus éducatif quelle que soit l’évolution dans les tech­niques et les outils. Le développe­ment des capacités ne peut intervenir qu’en coordination avec le ministère de l’Enseignement supérieur, l’échange d’expérience avec les modèles mondiaux, surtout l’amélio­ration du statut financier du profes­seur pour pouvoir venir à bout du phénomène des leçons privées.

Sans un système éducatif de qua­lité, aucun progrès ne peut avoir lieu et nous sommes tous appelés à coo­pérer pour réaliser l’essor prôné. L’enseignement est l’arme si nous voulons être confiants en l’avenir et le destin de nos enfants. Il est notre outil-clé pour que nos rêves devien­nent réalité et si nous voulons rejoindre le cortège des pays déve­loppés .

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