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Obama regarde à travers un chas !

Mardi, 09 juillet 2013

L’administration américaine insiste sur le fait de regarder à travers un chas la formidable scène égyptienne du 30 juin lorsque plus de 25 millions de citoyens sont sortis dans les rues de la capitale et de tous les gouvernorats pour revendiquer la chute du pouvoir des Frères musulmans. L’administration Obama ne veut voir dans ces manifestations populaires pacifiques sans précédent dans l’histoire de l’humanité que le spectre d’un coup d’Etat militaire qui lui permet de punir les Egyptiens car ils se sont débarrassés d’un pouvoir fasciste qui a divisé les Egyptiens, qui a mené le pays au bord d’une guerre civile et d’une effroyable sédition confessionnelle. Il est clair qu’il s’agit d’une administration impartiale ne possédant aucune clairvoyance et qui ne veut ni l’intérêt de l’Egypte ni celui de son peuple. En effet, il était clair que l’intervention des forces armées ne constituait qu’une petite partie d’une grande image aux contours bien définis et aux dimensions profondes. Au centre, il y a maintenant un président de la République intérimaire qui est l’un des grands hommes de la justice égyptienne dont la seule mission est d’organiser des élections présidentielles et parlementaires anticipées qui n’écartent personne.

Des élections effectuées sous une supervision judiciaire et surveillées par le monde entier, alors que l’institution miliaire égyptienne qui a sauvé l’Egypte d’une guerre civile reste loin de la scène politique. Elle n’aspire nullement au pouvoir et n’attend pas dans l’ombre le bon moment pour s’en emparer, car c’est une armée nationale professionnelle dont la mission n’est nullement de fomenter des coups d’Etat. Son expérience amère durant la période transitoire lui a prouvé que les Egyptiens n’accepteraient plus un pouvoir militaire malgré le grand respect qu’ils vouent pour leur armée. L’armée sait que la bonne solution n’est ni de jeter les islamistes dans les prisons, ce qui pourrait créer des extrémistes, ni de les écarter de la politique comme ils l’ont fait avec les autres. La bonne solution est de donner la chance à la confrérie de revoir ses méthodes et ses idées. Le président Obama n’a peut-être pas encore pris de décision, mais il est dans l’intérêt des Etats-Unis, d’Obama et de l’Egypte qu’il lise correctement la scène égyptienne au lieu de regarder à travers le trou de l’aiguille.

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