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Israël se prépare pour le « deal du siècle »

Lundi, 22 avril 2019

A l’heure actuelle, les chances de promouvoir une initiative politique entre les Palestiniens et les Israéliens semblent très minces et le resteront même après que l’Administration Trump aura mis « l’accord du siècle » sur la table des négociations. D’une part, il est clair que les Palestiniens ont perdu confiance en l’Administration de Donald Trump qui a renversé les paradigmes traditionnels de la politique américaine relatifs au conflit israélo-palestinien.

C’est pourquoi les dirigeants palestiniens ont indiqué à plusieurs reprises qu’ils ne considèreraient pas les propositions de Trump en raison de leur parti pris en faveur d’Israël et qu’ils continueraient plutôt à promouvoir la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien. D’autre part, malgré tout ce qui a été dit sur la volonté d’un certain nombre de pays arabes de coopérer avec Israël face à la « menace iranienne », il serait difficile d’assurer un cadre régional permettant de soutenir le plan de Trump et de convaincre les Palestiniens de coopérer.

Plus important encore, la droite israélienne ne semble pas prendre au sérieux ce plan. En fait, les responsables politiques et sécuritaires israéliens sont convaincus qu’il n’existe actuellement aucune chance de conclure un accord global avec les Palestiniens. Il serait donc préférable, d’après eux, de poursuivre la gestion du conflit et de se concentrer principalement sur les risques sécuritaires.

Pour toutes ces raisons, il semble évident qu’Israël compte créer de nouveaux faits sur le terrain et mettre à son profit tous les scénarios qui pourraient se produire.

Ainsi, Israël pourra combiner les avantages d’un règlement transitoire avec ceux de mesures unilatérales. L’Etat hébreu pourrait ainsi continuer à prétendre être sérieux dans sa quête d’une solution basée sur une entité palestinienne distincte. Cette politique prévoit une nouvelle planification de la Cisjordanie comme suit: Israël transférera le pouvoir à l’Autorité palestinienne dans la zone B de Cisjordanie, comme c’est actuellement le cas dans la zone A. Cela permettra une continuité territoriale entre ces deux zones qui serviront de base au futur Etat palestinien, voire qui pourraient former un Etat palestinien doté de frontières provisoires. Cette zone couvrira environ 40% de la superficie totale de la Cisjordanie qui comprend plus de 95% de la population palestinienne.

— Sur 25% de la superficie de la zone C, Israël entreprendra des projets pour développer l’infrastructure et promouvoir l’économie palestinienne. Les quartiers palestiniens peuplés situés en dehors des zones B et C seront placés sous contrôle palestinien. Israël participera avec la communauté internationale à la création d’entreprises industrielles, de projets touristiques et de logements. Dans ces zones de développement, le transfert de contrôle sécuritaire aux Palestiniens se fera graduellement en fonction de l’évaluation israélienne de la situation.

— Un réseau de transport reliera ces zones du nord au sud de sorte à éviter les frictions entre l’armée israélienne et les colons installés en Cisjordanie, d’une part, et la population palestinienne, d’autre part.

— Israël prendra des mesures pour achever le mur de séparation qui définira les frontières entre les deux entités et leurs intérêts régionaux respectifs. En outre, une zone de sécurité placée sous contrôle israélien sera créée sur environ 20% de la Cisjordanie. Cette zone englobera la vallée du Jourdain jusqu’à la route d’Alon et d’autres routes et emplacements stratégiques.

— La construction se poursuivra dans les principaux blocs de colonies, mais sera suspendue dans les colonies isolées situées à l’intérieur des zones palestiniennes. L’évacuation des colonies ne sera évoquée que dans le cadre d’un accord global avec les Palestiniens.

— Le règlement du problème de la bande de Gaza n’est pas une condition préalable— du point de vue d’Israël— à la mise en oeuvre de ce scénario. Israël essayera de résoudre séparément ses problèmes avec Gaza.

Aujourd’hui, Israël réalise bien qu’il bénéficie d’une conjoncture stratégique unique lui permettant d’adopter une politique anticipatoire et de sécuriser son avenir .

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