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Espoir

Dimanche, 16 décembre 2018

Après trois ans de guerre au Yémen, un espoir de paix pointe désormais à l’horizon. Au terme de plusieurs jours de négociations près de Stockholm en Suède, sous l’égide de l’Onu, une trêve sur le port de Hodeida a été annoncée cette semaine. En vertu de cette trêve, les Houthis, qui contrôlent actuellement la ville, et les forces loyalistes, qui se battent depuis des mois pour en reprendre le contrôle, s’engagent à retirer leurs forces de cette localité, point de transit de l’aide humanitaire à destination de la population yéménite en proie aux maladies et à la famine. De nouvelles négociations de paix devraient avoir lieu au mois de janvier.

Le conflit oppose, depuis début 2015, les rebelles houthis, appuyés par l’Iran, aux partisans du gouvernement du président yéménite, Abd-Rabbo Mansour Hadi, soutenus militairement par une coalition menée par l’Arabie saoudite. Outre le retrait des forces de Hodeida, d’autres questions devraient faire partie des négociations, comme la réouverture de l’aéroport international de Sanaa, fermé depuis 3 ans, le recensement des zones minées par les rebelles, un cessez-le-feu et l’ouverture de couloirs humanitaires.

Depuis quelques semaines, les pressions internationales s’accentuent sur les belligérants pour arrêter la guerre. Et pour cause? Le conflit a donné lieu à une situation humanitaire extrêmement difficile. 22 millions de Yéménites, sur une population de 27 millions, ont besoin aujourd’hui d’une aide humanitaire, 16,4 millions n’ont pas accès à des soins de santé appropriés, 16 millions sont privés d’eau potable et d’installations sanitaires. 650000 Yéménites se sont réfugiés hors du Yémen et 3,2 millions ont dû abandonner leurs foyers pour fuir les combats.

En septembre dernier, des pourparlers de paix avaient échoué suite au refus des négociateurs houthis de se rendre à Genève sans garantie sur leur voyage retour vers la capitale Sanaa et sur l’évacuation de rebelles blessés vers Oman.

Un précédent round de négociations organisé au Koweït en 2016 avait lui aussi échoué après 108 jours de tractations.

Cette trêve signée à Stockholm permet d’espérer un retour de la paix au Yémen, même si le chemin est encore long. Car le conflit yéménite est hautement complexe et a des dimensions régionales et internationales. La guerre au Yémen est due à l’intrusion de l’Iran dans le pré carré stratégique de l’Arabie saoudite. Elle implique donc deux puissances régionales rivales. Une solution dépend donc de plusieurs facteurs internationaux, et notamment la position de l’Iran, surtout après le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire.

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