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Crise en Israël

Dimanche, 18 novembre 2018

La démission, cette semaine, du ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a plongé Israël dans une profonde crise poli­tique. Le ministre ultranatio­naliste protestait contre le cessez-le-feu conclu avec les groupes palestiniens de la bande de Gaza. Un cessez-le-feu qu’il considère comme une « capitulation » pour Israël. Lieberman appelle désormais à des élections législatives anticipées, mais des proches du premier ministre, Benyamin Netanyahu, affirment que « des élections ne sont pas nécessaires », Netanyahu reprenant le portefeuille de la défense. Depuis mercredi, le chef du gouvernement israé­lien est engagé dans des dis­cussions avec ses alliés au sein de la coalition gouverne­mentale pour tenter de sauver le gouvernement.

La semaine passée avait témoigné d’une escalade entre Israël et le Hamas, suite à une incursion des forces spéciales israéliennes à Gaza qui aurait mal tourné. Plusieurs centaines de roquettes et d’obus de mor­tiers ont été tirés sur Israël, mais un cessez-le-feu a fina­lement été conclu.

La crise est très révélatrice des cli­vages qui sévissent au sein de la classe politique israélienne sur l’attitude à adopter face au Hamas, qui gouverne depuis 2006 la bande de Gaza. Israël et le groupe palestinien ont toujours entre­tenu des relations tendues, alternant trêves et conflits armés. En dépit de plusieurs mois de tensions persistantes le long de la frontière avec Gaza, le premier ministre israélien a opté pour le ces­sez-le-feu, plutôt que d’entrer dans une escalade.

Toute escalade avec le Hamas entraînerait, en effet, Israël dans un conflit coûteux avec le groupe palestinien et place­rait le conflit israélo-palesti­nien au coeur des préoccupa­tions internationales, ce qui n’est pas nécessairement dans l’intérêt d’Israël. Annexer la bande de Gaza pour détruire les infrastruc­tures du Hamas reviendrait à remettre en cause les accords d’Oslo et ferait apparaître Israël comme un pays occu­pant et agresseur. Netanyahu préfère donc contenir le Hamas plutôt que de tenter de l’éliminer, inquiet du vide que laisserait le mouvement islamiste et de l’impossibilité pour Israël d’assumer la sécurité d’un territoire d’où il s’est retiré en 2005.

Au-delà de ces considéra­tions, la démission d’Avigdor Lieberman semble être moti­vée par des raisons politiques. A l’approche des élections israéliennes, l’ancien ministre de la Défense veut se présen­ter comme l’homme qui n’a pas cédé au Hamas. Un fait qu’il pourrait exploiter à des fins électorales

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