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Autonomisation de la Confrérie en Occident

Dimanche, 18 novembre 2018

C’est un livre très important publié par l’immigré égyptien en Suède Sameh Egyptson, intitulé Les Mensonges blancs sacrés (Holy White Lies) publié, semble-t-il, à son compte par les imprimeries de Dar Al-Maaref. Dans ce livre, l’auteur analyse avec précision les plans d’autonomisation (Tamkine) permettant à la grande organisation des Frères musulmans de s’acca­parer les institutions dans les sociétés occidentales, qu’elles soient officielles ou non gouvernementales. Ces plans sont basés sur le mensonge et la duperie. L’auteur prend la Suède, où il réside, comme exemple. Le nom du livre est tiré d’une fatwa du cheikh Youssef Al-Qaradawi, publiée sur son site Web per­sonnel, où il légitise le mensonge pour les musul­mans, affirmant que l’islam « est une combinaison d’idéalisme et de réalisme adaptée aux besoins des gens », autorisant ainsi le mensonge dans certains contextes.

Dans son livre Les Hauts objectifs de la loi islamique (Maqassed Al-Charia), Al-Qaradawi explique que l’imam Abou-Hamid Al-Ghazali, dans son encyclopé­die islamique intitulée Ihyaa oloum al-dine (raviver les sciences de la religion), est le meilleur à avoir soulevé et examiné la question du mensonge. Il déclare: « Sache que mentir n’est pas interdit en soi, mais à cause du préjudice causé à autrui. Le degré le plus bas du mensonge est de transmettre à son inter­locuteur un fait contraire à la réalité, de manière à ce que ce dernier continue à ignorer cette réalité. Ignorer certains faits peut parfois être utile, c’est pourquoi le mensonge est autorisé par la charia et parfois même c’est une obligation ».

L’autre principe sur lequel est basée la stratégie de la confrérie en Occident est la progressivité, c’est-à-dire le fait d’avancer par étapes. L’auteur affirme que l’imam Hassan Al-Banna a été le premier à dévelop­per ce principe pour atteindre les objectifs politiques du mouvement. Dans son message aux jeunes, il disait que « l’objectif du mouvement est de contrôler le monde et de le gouverner ».

Al-Qaradawi a également insisté sur cette progres­sivité. Il a déclaré: « Ce que l’on entend par progres­sivité, ce n’est pas la procrastination ou l’utilisation de ce mot comme excuse pour tuer dans l’oeuf l’idée d’établir la gouvernance de Dieu et d’appliquer la charia. Ce que l’on entend par ce mot c’est le fait de définir un objectif, d’élaborer un plan et de détermi­ner les étapes de manière à ce que chaque étape mène à la suivante ».

Etant donné que la confrérie possède un plan central suivi par ses branches dans le monde entier, nous retrouvons la même logique dans le discours des diri­geants de l’organisation. Le livre rapporte ainsi un entretien avec le président de l’Union des organisa­tions islamiques d’Europe, Chakib bin Makhlouf, publié par le quotidien londonien Al-Charq Al-Awsat, et dans lequel il affirme: « Nous avons un plan d’ac­tion sur 20 ans, un plan à court terme, un plan à moyen terme et un plan à long terme ». Et d’ajouter : « Notre présence en Europe n’est pas très ancienne, je la situe à 50 ans seulement. Les musulmans ne doivent pas brûler les étapes. Il est difficile de sauter de la première à la dixième étape. Nous commençons toujours sur le terrain. Si nous prenons l’exemple de la Suède, nous trouvons que l’Etat accorde une aide aux mosquées, finance des écoles islamiques, nous donne le droit d’exister au sein des conseils munici­paux et du parlement. Les juifs ne sont parvenus à leur situation actuelle qu’à travers une longue his­toire. Ils disent qu’ils nous admirent parce que nous avons réalisé, en peu de temps, ce qu’ils n’ont pas, eux, réalisé en 100 ans ».

Le livre parle en détail des étapes suivies par la confrérie par infiltrer la Suède, qui a commencé par l’alliance électorale avec le parti social-démocrate, puis le parti vert, le nouveau parti modéré et le parti du centre, à travers plusieurs organisations islamiques comme la Ligue islamique et ses diverses associa­tions, ainsi que l’Union des jeunes musulmans de Suède, la ligue des écoles islamiques, la compagnie du Hadj et de la Omra, les scouts islamiques suédois, l’Association des femmes musulmanes, l’Union des étudiants musulmans suédois et l’Association cultu­relle du Nouveau Croissant, l’Association des récita­teurs du Coran, le Conseil islamique suédois, l’Asso­ciation des organisations islamiques de Suède. L’auteur fait le lien avec ingéniosité entre toutes ces organisations et les organisations islamistes mon­diales, bras de l’organisation internationale des Frères musulmans, comme l’Union des organisations isla­miques d’Europe, le Conseil européen de la fatwa et de la recherche, la Ligue du monde musulman, le mouvement Melly Gurush, la Banque de la Taqwa, le Conseil des relations américaino-islamiques, la mos­quée de Munich, l’Institut des sciences humaines et l’Union des jeunes musulmans et des organisations étudiantes, connue sous le nom de FEMYSO.

Ainsi, la centralité du travail des Frères devient claire. C’est une immense toile d’araignée qui lie les organisations locales à l’organisation internationale des Frères avec un objectif en vue: le fameux Tamkine. L’auteur explique que l’une des plus impor­tantes recherches jurisprudentielles sur le Tamkine a été menée par l’écrivain islamique et leader libyen Mohamed Al-Sallabi, membre du Conseil européen de la fatwa et de la recherche, dans son livre intitulé Eclairer les croyants sur le fiqh de la victoire et de l’autonomisation. Il écrit: « L’une des formes du Tamkine consiste à ce que les gens du Tawhid (uni­cité de Dieu) et de la vraie foi arrivent à la tête du pouvoir, à ce que les infidèles soient annihilés, à ce que les croyants soient victorieux, et à ce que les croyants héritent de la terre ». Al-Sallabi croit que l’un des moyens du Tamkine est la participation à la gouvernance des pays non musulmans, c’est-à-dire que les adeptes des Frères participent à la gouver­nance, en mettant à profit la démocratie. Ainsi voit-on la tromperie dans l’idéologie des Frères. Les sociétés occidentales ne sont pas conscientes du fait qu’elles ont ouvert leurs portes à des organisations qui opèrent dans le secret pour éliminer les sociétés non isla­miques. Au même titre qu’il a profité de sa connais­sance de la société suédoise où il a émigré, Sameh Egyptson a également profité de sa cohabitation avec les idées des Frères et leurs méthodes de travail dans son pays natal où il a vécu ses premières années et qu’il n’a quitté pour la Suède que lorsqu’il était jeune homme l

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