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Le diable éthiopien

Lundi, 10 juin 2013

Il ne semble pas que la méthode des négociations traditionnelles avec l’Ethiopie aboutira à des résultats satisfaisants en ce qui concerne la question du barrage de la Renaissance. C’est ce qui explique le fait que le gouvernement d’Addis-Abeba n’a pas attendu les recommandations du comité technique tripartite pour entamer les travaux. Que signifie l’annonce du détournement du Nil Bleu à peine 24 heures avant l’arrivée du président égyptien à Addis-Abeba ? Quel est l’objectif des déclarations officielles éthiopiennes provoquantes selon lesquelles le barrage sera construit dans tous les cas, malgré les refus externes ?

Le comportement éthiopien est un comportement agressif et diabolique depuis le début, ne prouvant pas la présence d’une volonté réelle de parvenir à une solution pour la crise ou une entente acceptable apte à réaliser les intérêts des peuples du Bassin du Nil. Au contraire, le comportement éthiopien reflète une intention claire d’imposer un fait accompli et de briser la volonté égyptienne. Ce comportement est peut-être basé sur un conseil de la part d’experts israéliens participant au projet qui ont excellé dans la méthode du fait accompli puis des négociations basées sur le chantage et l’usurpation des droits des autres peuples.

A mon avis, le projet du barrage de la Renaissance est un complot international parfait, dont l’Ethiopie n’est qu’une des parties principales. Il existe une intention d’affaiblir l’Egypte, d’affamer son peuple et d’avorter ses ambitions visant à construire un Etat contemporain développé au niveau de notre histoire et de nos capacités.

Malheureusement, la réaction égyptienne n’est à ce jour ni à la hauteur de l’événement, ni à celle du danger qui nous menace. Le plus étonnant et qui est difficile à expliquer c’est la décision d’interdire la publication dans les médias des recommandations du comité tripartite. La pression populaire et l’opinion publique égyptienne pourraient être un facteur positif et non un obstacle dans le traitement de la crise.

Il n’est ici question ni d’un appel à la guerre, ni d’une volonté de précipiter une frappe militaire pour empêcher la construction du barrage. Il s’agit plutôt d’un regard objectif à l'égard de ce qui se passe en réalité et qui nécessite une préparation sérieuse pour être prêt à affronter toutes les éventualités. Car c’est une question de vie ou de mort pour l’Egypte et son peuple.

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